40ème anniversaire de l’Institut Français de Skopje, 9 avril 2014

Allocution S.E. Madame Laurence Auer

« Madame la Ministre de la culture,
Chère Mme Elizabeta Kanceska-Milevska,
Monsieur le Directeur de l’Institut Français de Skopje, Cher Jean-Yves,
Chers anciens directeurs de l’Institut Français, Monsieur François Gorget et M. Jean-Claude Cancel,
Chers représentants du gouvernement macédonien,
Chers collègues Ambassadeurs,
Monsieur le Président de la Commission Nationale pour la Francophonie, Cher Gabriel,
Monsieur le Conseiller des Français de l’étranger,
Chers partenaires,
Chers amis de l’Institut,
Cher public,

L’Institut Français de Skopje ou plutôt - le Centre culturel français - a été créé juridiquement en 1972 et a ouvert pour la première fois ses portes en avril 1974, en même temps que la création de centres culturels dans les villes de Belgrade, Zagreb et Ljubljana. La création de cet Institut a correspondu à un mouvement de solidarité et d’ouverture amorcé par la France à cette époque. L’intérieur avait été créé par l’architecte macédonienne en vogue à cette période, Mme Vencislava Gavrilska. Restant dans les mêmes locaux depuis sa création, l’Institut Français a été pour beaucoup de générations de citoyens macédoniens d’abord un point d’accès, un coin et une vitrine de la France en Macédoine : cela a été et reste l’endroit en ville ou vous pouvez lire le Monde, le Point, Architecture d’aujourd’hui, Beaux-arts, etc. l’endroit où vous pouvez emprunter le dernier Goncourt, le Lagarde et Michard ou tout simplement Tintin. Beaucoup de jeunes étudiants de l’Université de Skopje ou de province ont pu trouver la documentation qui leur manquait pour leur cursus, ou la dernière brochure de l’association Rempart, ultime moyen pour passer l’été en France.

L’Institut Français de Skopje a été tout au long de ces années un foyer de la vie intellectuelle locale grâce à sa médiathèque mais aussi grâce aux nombreuses conférences qui ont été organisées in situ. Si les murs pouvaient parler, nous entendrions les échos des échanges, des exposés, des discussions, des débats passionnés sur des thèmes variés allant de la francophonie, en passant par la littérature, la philosophie jusqu’aux thèmes scientifiques les plus pointus ou même les questions politiques.

Solidement ancré et inscrit dans la vie culturelle, l’Institut Français l’aura été depuis ses débuts : les anniversaires sont une excellente occasion pour rappeler que Antoine Vitez a présenté à Skopje « Le Prince Travesti » de Marivaux avec le Théâtre de Chaillot en 1984, Pierre Arditi a brûlé les planches de l’Opéra et Ballet de Macédoine avec le « Dom Juan » de Molière mis en scène par Marcel Maréchal en 1990, des chorégraphes d’exception comme Angelin Preljocaj, Karine Saporta, le tandem Bouvier/Obadia ou Joseph Nadj ont donné leurs tout premiers spectacles à Skopje, les lithographies de Marc Chagall ont provoqué un raz-de-marée au Musée d’art contemporain de Skopje, les Plasticiens Volants, la Compagnie Malabar ou dernièrement les Commandos Percus ont attiré le tout Skopje faisant les belles heures du Festival Jeune Théâtre Ouvert ou de la Nuit Blanche. Zaz a fait danser la salle universelle remplie jusqu’à la dernière place, Laurent Garnier a mixé de la musique au Colosséum jusqu’à 05 heures du matin, Richard Galliano a ébloui le public du Festival d’été d’Ohrid, Noémie Lvovsky s’est sentie tellement bien au Festival du film français qu’elle est restée jusqu’à la fin du festival… Ces échanges et cette présence dont je ne cite que quelques exemples, n’aura été possible que grâce à l’appui des partenaires macédoniens dont le Ministère de la culture au premier rang. Je vous en remercie, Madame la Ministre, et je remercie les institutions culturelles macédoniennes et leurs responsables pour leur soutien sans lequel nous n’aurions pas développé cette activité riche et intense.

L’Institut Français n’a pas été seulement un point de rayonnement de la culture mais aussi de la langue française : c’est ainsi que la première section bilingue françophone a été créé en 1997, au Lycée « Saints Cyrille et Méthode » de Negotino, les premières rencontres avec les professeurs de français à la fin des années 90 organisées afin d’en relancer l’apprentissage, ont donné naissance à l’Université de Struga qui rassemble chaque année plus d’une centaine de professeurs de français, les cours de français de l’Institut sont suivis par plus de 400 apprenants, chaque année une trentaine de jeunes choisissent la France pour y suivre leurs études dont sept avec des bourses du gouvernement français, ... Là aussi, je ne cite que quelques exemples de ce formidable dynamisme.

J’ai sciemment choisi de terminer par la formulation avec laquelle
je commence d’habitude mes discours : je suis vraiment très heureuse d’être ce soir avec vous et je vous remercie tous, Madame la Ministre, cher personnel de l’Institut, chers amis, chers francophones, chers partenaires, chers sponsors, chers représentants des médias. Nous ne célébrons pas seulement l’anniversaire de l’Institut ce soir mais la présence de la France en Macédoine qui date de longtemps. Nous pouvons en voir les traces et les témoignages partout, et nous continuerons à accompagner la Macédoine au nom de cette forte relation franco-macédonienne et surtout au nom de l’avenir européen de ce pays.

Il ne me reste qu’à souhaiter beaucoup d’autres anniversaires à l’Institut Français de Skopje qui a su brillamment se rénover grâce à la créativité cette fois de jeunes architectes macédoniens – le Cabinet Stone Design - et moderniser son image et les outils d’accès à la culture et la langue françaises.

Puisque nous fêtons ce soir la longévité de l’Institut, permettez-moi de terminer par cette belle phrase de Balzac : « Le temps est le seul capital des gens qui n’ont que leur intelligence pour fortune ».

Je vous remercie. »

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M. Jean-Yves Lavoir, Directeur de l’Institut français de Skopje, M. Jean-Claude Schlumberger, Chef de la mission de l’OSCE au Kosovo et ancien Ambassadeur de France en Macédoine, et S.E. Mme Laurence Auer

Dernière modification : 26/12/2014

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