Cinquantenaire du traité d’amitié franco-allemand : une relation renouvelée entre art du compromis et projets concrets [mk] [sq]

Allemands et Français sont très, très différents, c’est ce que les fins observateurs de nos deux pays constatent à maintes reprises. Cela vaut pour presque tous les domaines de nos sociétés : histoire, tradition, culture, langue et bien évidemment la manière de faire de la politique dans nos deux pays.
Gudrun Steinacker et Laurence Auer - JPEG
C’est pourquoi le Traité de l’Elysée –dont nous célébrons, naturellement ensemble, le cinquantenaire cette année- était et demeure un événement d’une importance fondamentale dans l’histoire récente de l’Allemagne et de la France. Grâce à la décision courageuse d’hommes politiques visionnaires, mais aussi grâce à l’engagement de beaucoup de femmes et d’hommes en France et en Allemagne, les gouvernements des deux pays ont réussi à surmonter l’inimitié séculaire et la méfiance réciproque et à créer la base pour une coopération en confiance entre nos gouvernements et pour la compréhension entre nos peuples.

Que les deux n’iraient pas de soi, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer en étaient tout à fait conscients. D’où le fait que le Traité de l’Elysée n’est pas un simple traité d’amitié avec une déclaration d’intention symbolique, mais il donnait le coup d’envoi à tous les instruments, qui depuis rapprochent toujours plus les gouvernements et les personnes dans nos deux pays et les obligent à un dialogue permanent. Ainsi de l’établissement de l’Office franco-allemand de la jeunesse, de la forte incitation aux jumelages des villes, de la création de la chaine de télévision commune ARTE, de la création d’entreprises et de cursus d’études communs. Il en est ainsi également de l’obligation pour nos deux gouvernements et des administrations qui en dépendent, de régulièrement se réunir en séances conjointes.

Le Traité de l’Elysée est peut-être la plus importante contribution à l’unification européenne – elle n’aurait pas été possible sans le rapprochement franco-allemand. L’Allemagne et la France sont encore aujourd’hui au centre de cette unification – elles sont le moteur de ce développement. Ce rôle central oblige nos deux Etats à toujours prendre nos partenaires de l’UE à bord et à veiller à ce que l’UE serve les intérêts de tous. La France et l’Allemagne peuvent jouer pleinement ce rôle positif et d’intégration seulement si elles défendent une position commune. Au regard de la différence décrite entre nos deux peuples, des positions communes ne sont pas une évidence, mais souvent le résultat de compromis. La négociation est souvent longue et acharnée, à partir de positions et d’intérêts très différents. Les compromis font la force de la coopération franco-allemande. Ils font que nos relations sont durables et ils servent l’Europe.

L’Allemagne et la France ont également un rôle important à jouer dans le rapprochement macédonien vers l’Union européenne. L’amitié franco-allemande prouve qu’il est possible de vaincre les préjugés et que le dialogue et le respect mutuel pour l’histoire, les traditions, la culture et la langue des autres sont la base d’une coexistence pacifique et d’un développement fructueux pour tous les côtés.

Nous espérons que l’expérience franco-allemande, faite de volonté politique partagée, pourra être utile à notre pays hôte et la région.

Dernière modification : 15/02/2013

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