Comment fête-t-on Noël et le Nouvel An en France ? [mk] [sq]

Nos provinces ont gardé des traditions spécifiques, surtout dans la gastronomie. C’est le moment de goûter les foies gras du Périgord, de visiter les marchés de Noël, pour choisir gâteaux à la cannelle et pain d’épice, de choisir des santons en Provence, mais aussi de participer aux « chanter Noël » en Martinique ou en Guadeloupe.

1. Comment on fête le Noël en France ?
Noël est avant tout une fête de famille, le premier de l’an étant souvent passé avec les amis. Dans les pays de tradition orthodoxe, j’ai eu l’impression que la spiritualité de Pâques était plus importante, mais en France Noël, fête de la Nativité, est un pont entre croyants et non croyants, l’espérance liée à la naissance étant peut-être plus forte que la croyance en la résurrection. La force de Noël est peut-être aussi liée à la fête païenne du « Soleil invaincu » christianisée par l’Église catholique. Les catholiques maintiennent la tradition de la crèche qui constitue à reconstituer avec des figurines en terre cuite peinte, les « santons » la scène de l’Adoration de l’Enfant par Marie et Joseph, les Anges les Bergers et les Mages. On dépose la statuette de l’Enfant au retour de la messe et on ajoute les mages le 6 janvier, fête de l’Épiphanie, avant de partager la Galette des Rois, une autre coutume païenne qui achève le cycle de Noël. Le sapin de Noël, de tradition plus germanique, s’est établi en France avec les Alsaciens chassés de leur province natale par les Prussiens en 1871. Il fédère toujours les familles, croyantes ou incroyantes.

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2. A quoi ressemble le repas de Noël ?
La tradition voulait qu’il soit pris au retour de la messe de minuit après un jeûne …un peu dur ; Alphonse Daudet en a fait un joli conte, avec un curé trop gourmand qui damne tout son village pour rejoindre sa dinde truffée, en expédiant la messe de Minuit et condamnant ses paroissiens à revenir chaque année comme fantômes pour expier ce péché. Noël au dix-neuvième siècle était déjà une fête gourmande ! Le pâté de foie gras d’oie ou de canard, le boudin blanc, le saumon fumé, les huîtres commencent les repas classiques qui se poursuivent souvent par un chapon, une dinde ou une oie garnis de marrons entiers ou en purée, et après les fromages obligés de France on partage souvent un gâteau à la crème parfois parfumé à la liqueur de Grand Marnier en forme de bûche, rappelant une très ancienne coutume qui varie selon les provinces mais qui consistait à brûler ou garder une bûche pour s’assurer le bonheur l’année suivante. En Provence, dans le Sud, on reste attaché à la tradition des treize desserts en hommage au Christ et aux apôtres.

3. Existe-t-il une tradition d’échanges de cadeaux ? Quelles sont les coutumes des Français ?
Noël est devenu une fête des cadeaux, remplaçant les traditions de la Saint Nicolas ou les Étrennes du Premier de l’An, une tradition romaine. Le Père Noël, qui est supposé apporter des présents aux enfants, s’est établi en France après 1945 et a remplacé diverses figures locales ou familiales : Jésus, Saint Nicolas, le Père Fouettard ou des fées qui, dans cette période de l’année, récompensaient les enfants sages et punissaient les autres. La coutume pour calmer l’impatience des enfants et les inciter à écrire s’est établie de faire écrire aux enfants une lettre au Père Noël pour qu’ils expriment leurs souhaits. Une équipe de secrétaires est mise sur pied par l’administration des postes pour l’aider à répondre. C’est la preuve la plus certaine de son existence, qui donne toujours lieu à d’âpres débats dans les cours de récréation. Il existe en tout cas bel et bien à l’ambassade de France où il passe chaque année pour récompenser les enfants français et macédoniens-qui sont tous très sages et obéissants !

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4. Comment décririez-vous Paris pendant les vacances du Nouvel An ?
La fête des cadeaux est la fête des vitrines et il est de tradition d’aller admirer en famille celle des grands magasins qui rivalisent d’invention, avec des automates, des illuminations, des hologrammes, et parfois l’intervention d’artistes connus. Les commerçants se cotisent par quartier ou par rue pour des illuminations ou des animations musicales. Les thèmes de toutes les traditions de Noël y sont évoqués. On visite aussi les marchés de Noël, dont certains comme celui de Saint Germain des Prés remontent à plusieurs siècles et proposent des objets d’artisanat français ou étrangers. La Ville réalise un effort particulier pour illuminer les grandes artères et les monuments, avec des sapins décorés et éclairés avec créativité. Les boutiques des couturiers ou des grandes marques de luxe sont souvent très inventives et alternatives, rue du Faubourg Saint Honoré et Avenue Montaigne. Il y a aussi des initiatives de solidarité comme le sabot de Noël, en faveur des comédiens âgés, une loterie dans tous les théâtres avec nos plus grands acteurs qui font la manche pour eux : cela me touche toujours…

5. Paris est l’une des métropoles les plus visitées pendant les fêtes du Nouvel An, mais Paris n’est pas la France. Comment la fête du Nouvel An est-elle organisée et célébrée dans tout le pays ?
C’est l’embarras du choix ! Nos provinces ont gardé des traditions spécifiques, surtout dans la gastronomie. C’est le moment de goûter les foies gras du Périgord, de visiter les marchés de Noël en Alsace, pour choisir gâteaux à la cannelle et pain d’épice, de choisir des santons en Provence, mais aussi de participer aux « chanter Noël » en Martinique ou en Guadeloupe. Dans ces iles des Antilles on se réunit pour chanter ensemble en famille ou entre amis, chez soi ou dans la rue, des chants traditionnels de Noël. L’occasion de transmettre aux enfants une culture très riche, l’une des multiples facettes de notre pays. Noël en Corse est aussi une fête de la musique avec des chants parmi les plus émouvants au monde, selon moi, et une très vibrante célébration dans les églises.

6. Compte tenu de la situation actuelle à Paris, pensez-vous que la capitale est une bonne destination pour y passer les fêtes ?
Paris reste une ville de toutes les rencontres et de toutes les découvertes. Elle n’est jamais comme on l’attend : c’est à la fois un musée à ciel ouvert et un lieu où se fait l’histoire, encore et toujours. La situation est désormais apaisée et de fortes mesures de sécurité ont été prises. Les Champs-Élysées restent la plus belle avenue du monde, mais il y a aussi le vieux quartier du Marais avec ses boutiques branchées, l’Ile Saint-Louis et les berges de la Seine, la rhumerie de Saint-Germain des Prés pour se réchauffer avec des cocktails et des rhums du monde entier, la rue Mouffetard et ses fromagers, le Marché aux livres Georges Brassens avec ses bistrots environnants : comme tant de quartiers où il fait bon vivre, c’est toujours calme et serein, et on s’y verra peut-être, car je compte bien y enrichir ma collection de cartes postales anciennes des Balkans !

7. Où serez-vous pour les vacances de Noël et du Nouvel An ?
Je serai à Skopje en famille pour notre Noël puis à Paris pour le Premier de l’An, la fête des Amis.

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8. Quelles sont vos vœux pour cette nouvelle année que vous adressez aux citoyens macédoniens ?
L’énergie positive, le réalisme et l’unité pour franchir une étape décisive de leur histoire ! Regarder en avant et continuer à construire avec nous un nouveau destin européen, dans la fidélité aux valeurs qui font leur vraie richesse, pour eux et leurs enfants…

Dernière modification : 25/12/2018

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