Conférence Paris Climat 2015 – COP21

Allocution de Mme L’ambassadrice pour présenter brièvement les travaux préparatoires à la 21ème conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) à l’occasion de la visite en Macédoine d’experts environnementaux français.

JPEGMonsieur le Vice Premier Ministre chargé des questions européennes,
Monsieur le Vice-Ministre de l’Environnement et de l’aménagement du territoire,
Monsieur le Maire de Skopje,
Madame la Conseillère d’Etat, chargée des questions climatiques au ministère de l’environnement et de l’Aménagement du territoire,
Madame la Représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement à Skopje,
Messieurs les représentants de la plateforme Go Green,
Monsieur le Sous-directeur chargé des échanges internationaux au Ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Je suis heureuse de vous accueillir ce soir dans la Maison de la République française à Skopje pour vous présenter brièvement les travaux préparatoires à la 21ème conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21). La France va accueillir et présider cette conférence du 30 novembre au 11 décembre 2015.
C’est une échéance cruciale, puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C.
En tant que présidente de COP, la France sera très attentive à garantir des négociations transparentes, ouvertes et constructives. Notre objectif est donc de faciliter un accord universel, ambitieux et équilibré dans lequel tous les pays s’engagent et qui prenne en compte les besoins de chacun, notamment des pays les plus vulnérables.
La France est pleinement engagée à tous les niveaux de sa diplomatie, pour faciliter la prise d’engagements de réduction d’émissions significatifs dans le cadre des contributions nationales qui sont attendues au premier trimestre 2015.
Je sais que la République de Macédoine peut compter sur l’expertise et le soutien du Programme national des Nations Unies pour le développement pour la préparation de cette contribution, et j’en profite pour en remercier sa représentante à Skopje, Madame Louisa Vinton, dont l’équipe fait un travail admirable en matière d’environnement et de lutte contre le changement climatique en Macédoine.
Je sais également que la Macédoine a initié les travaux visant à la production d’une stratégie à long terme et d’une loi sur le changement climatique. Mesdames et messieurs les représentants des institutions macédoniennes, vous le savez, la France sera à vos côtés dès que vous en exprimerez le besoin pour vous aider dans ces étapes, dans une démarche participative, inclusive des différentes parties prenantes, dont la société civile et les acteurs économiques. Elle est déjà présente en Macédoine, qu’il s’agisse d’apporter une assistance technique au ministère de l’environnement avec l’Office international de l’eau, dont je salue les représentants présents ce soir ou de réaliser, sur financements français, une étude préalable à la construction d’une usine de traitement des eaux usées pour la ville de Skopje.

Les enjeux de la COP 21 et de l’accord de Paris.

Mesdames, Messieurs,
Si nous continuons sur la trajectoire actuelle, nous allons vers un réchauffement de 4 ou 5 degrés d’ici 2100. L’objectif de l’accord de Paris est de définir une trajectoire d’action et un cadre juridique permettant de limiter le réchauffement moyen à moins de 2°C.
Cet accord devra ainsi comprendre plusieurs aspects :

  • - des engagements nationaux en faveur d’un développement sobre en carbone traduisant l’objectif des 2°C en termes opérationnels,
  • - des règles communes pour garantir la transparence et la comparabilité des engagements.
  • - des instruments de coopération permettant notamment d’organiser les transferts financiers et de technologies vers les pays qui en ont le plus besoin.
  • Pour la France, il ne peut y avoir de compromis entre universalité et ambition. Les deux sont indispensables. L’accord doit être fait pour durer et donner les signaux économiques et politiques, pour que l’économie du passé, l’économie intensive en carbone, représente le risque et l’économie de demain, l’économie sobre en carbone représente la prospérité et la sécurité.
    Nous devons donc aussi intégrer une ambition à long terme et travailler à un accord dynamique capable de se renforcer dans la durée. Cela nécessite de disposer et de construire des financements adaptés et innovants


La question des financements

Mesdames, Messieurs,
La France était très attachée à ce que la capitalisation du Fonds Vert soit réalisée avant la fin de l’année 2014. Dans ce cadre, nous avons pris nos responsabilités, et le Président de la République M. François Hollande a annoncé une contribution significative de 1 milliard de dollars sur 4 ans.
Le Fonds vert est amené à devenir la pierre de faîte d’une architecture financière internationale plus efficace dans la lutte contre le dérèglement climatique.
La France s’est mobilisée pour que l’ensemble de ses partenaires rejoigne cet effort ambitieux, en annonçant dès que possible une contribution adaptée à leurs capacités et en œuvrant à la mise en œuvre de règles justes et efficaces d’usage de ces ressources.
La question de la transparence des financements climat est importante. Elle instaure une confiance dans le processus, mais c’est aussi source d’efficacité pour les financements que nous mobilisons.
Aujourd’hui, les méthodologies et les chiffres sur le financement climat restent très hétérogènes. En tant que présidente de la COP, La France cherchera à rapidement trouver un accord sur ce qui peut être compté dans les 100 milliards par an en 2020, issus de sources publiques et privées promis à Copenhague.
Plus largement, nous devrons prendre un virage dans les investissements pour rendre possible une réelle transformation de nos économies. Ce sera nécessaire pour préparer ensemble l’après-2020. Des financements innovants à fort effet de levier sur les acteurs privés seront indispensables.
Car les financements privés seront tout aussi indispensables que le financement public. Pour cela, il faut que nous fixions ensemble des règles pour orienter ces financements, pour qu’ils aillent dans la bonne direction et soient utiles au développement économique en préservant la planète.

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Les engagements français et européens
Mesdames, Messieurs,
La France s’engage à réaliser sa propre transition énergétique. La loi sur la transition énergétique pour une croissance verte est actuellement en cours de relecture au Sénat. Elle trace la voie vers la transformation de notre mix énergétique, et établit certains objectifs :

  • - D’ici 2030 : réduire les émissions de GES de 40% ; réduire la consommation d’énergies fossiles de 30% ; et augmenter la part d’énergies renouvelables à 32% ;
  • - D’ici 2050 : réduire la consommation totale d’énergie de 50% et réduire les émissions de GES de 75% par rapport à 1990.
    Ce chemin permet non seulement de répondre aux enjeux climatiques, mais également d’assurer la sécurité d’approvisionnement, de promouvoir l’indépendance énergétique et de réduire les factures de carburant.
    Améliorer l’efficacité énergétique et diversifier les sources d’approvisionnement sera une des clés de cette transition, tout comme la promotion de la recherche, l’implication des entreprises, des pouvoirs locaux et des citoyens.
    La France est donc pleinement consciente des opportunités qu’une telle transition représente. Nous souhaitons donc partager notre expérience avec d’autres pays qui prévoient ou entreprennent des transformations similaires : c’est aussi l’un des objectifs de la coopération entre les ministères français et macédoniens chargés de l’environnement et des travaux que vous avez conduits aujourd’hui.

L’Union européenne est un leader mondial en matière de lutte contre le dérèglement climatique : l’adoption du paquet climat – énergie 2030 au Conseil européen d’octobre a permis de fixer des objectifs ambitieux pour 2030, dont le plus important reste la réduction d’au moins 40% des émissions de GES. Cet objectif vient d’être intégré dans la contribution (INDC) publiée par la Commission européenne le 6 mars dernier et qui vous est mise à disposition (en anglais).

Société civile
Mesdames, Messieurs,
En tant que présidente de COP, la France cherchera à favoriser la participation de tous les acteurs non gouvernementaux et de la société civile : ils sont sources de solutions et d’innovation dans la lutte contre le dérèglement climatique. Ils ne se substituent pas à l’action des Etats, mais les renforcent.
Avant et pendant la Conférence, la France cherchera à favoriser la participation de tous les acteurs dans leur diversité. Leur mobilisation sera un élément fondamental du succès de la Conférence de Paris.
Ainsi, les autorités françaises, dans l’organisation interministérielle de la COP21, ont fait le choix d’ériger un espace dédié à la société civile à proximité immédiate du site des négociations au Bourget. Cet espace sera ouvert et inclusif. Ses activités sont en cours de programmation en concertation avec les organisations de la société civile.
Ici en Macédoine, l’Ambassade de France soutient la plateforme inter associative GO GREEN dans ses actions, notamment de sensibilisation auprès des parlementaires et des citoyens. L’année dernière, le collectif GO GREEN, avec le ministère de l’environnement et de l’aménagement du territoire avaient pu rencontrer et débattre avec celui qui est désormais le secrétaire général de la COP21, Monsieur l’Ambassadeur Guignard.
Dans le cadre de la préparation de la COP21, bien entendu, cet appui sera maintenu et renforcé.

L’agenda des solutions
Mesdames, Messieurs,
Dans l’accord qui sera signé à Paris, les mécanismes de renforcement de l’ambition ne livreront des résultats que d’ici quelques années. A travers l’agenda des solutions, les parties ont souhaité valoriser les coopérations volontaires qui sortent des cadres institutionnels traditionnels et proposent des solutions concrètes, pour permettre une accélération de l’action climatique et une transition vers des économies bas carbone à court et à moyen termes.
L’agenda des solutions repose sur un ensemble d’actions volontaires et coopératives, portées par des acteurs de la société civile (entreprises, collectivités, ONG, etc.), des organisations internationales et des gouvernements. Une trentaine d’initiatives partenariales ont été présentées au Sommet du Secrétaire Général des Nations Unies à New York en septembre 2014. Elles couvrent 9 secteurs : agriculture, villes, énergies renouvelables, efficacité énergétique, transport, forêts, industrie, résilience, et finances. Elles confirment tout le potentiel du concept d’agenda des solutions. L’idée d’un agenda des solutions a encore progressé depuis septembre dernier. Le « plan d’action Lima-Paris » (Lima Paris Action Plan), lancé pendant la COP 20 à Lima, lui donne corps. La France travaille avec le secrétariat de la convention Climat, l’équipe du secrétaire général des Nations unies et le gouvernement péruvien, présidence toujours en exercice de la conférence Climat, pour construire, avec les porteurs d’initiatives, un ensemble de résultats tangibles illustrant une dynamique d’acteurs responsables.

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Pour conclure, et avant de vous proposer de visionner le clip officiel de la COP21, je tenais à souligner l’incroyable espoir en même temps que l’extrême responsabilité collective que représente la potentialité de la signature d’un accord positif sur le climat à Paris en décembre prochain. Permettez-moi de citer Monsieur Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du développement international, qui s’exprimait en clôture de la COP 20 à Lima en décembre dernier : « [le chemin d’une bonne présidence suppose] de l’ambition, de l’écoute et de l’esprit de compromis. Ce sont les trois mots d’ordre que suivra la France. C’est une responsabilité et un honneur considérables d’accueillir une COP, surtout lorsque l’on répète que les décisions principales qui vont engager l’avenir devront être prises à Paris. Nous mesurons cette responsabilité et cet honneur, et nous allons essayer d’en être dignes. »

Je vous remercie

Dernière modification : 13/03/2015

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