Conférence à l’Université de Bitola, Faculté de droit [mk]

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Monsieur le Doyen de la faculté de droit,
Mesdames et Messieurs les professeurs, chers étudiants en langue française, chers étudiants francophones et francophiles,

Je suis très heureuse de me trouver devant vous pour évoquer, en français, la relation entre la France et la Macédoine dans l’ensemble européen, et l’avenir des Balkans occidentaux. J’ai choisi à dessein une thématique politique, pour tracer vers l’avenir cette relation et rappeler l’avenir européen qui est le vôtre. Je m’adresse à vous, jeunes étudiants, car c’est avec vous, élites intellectuelles du pays que se construira le pays dans les vingt prochaines années, avec votre énergie et votre volonté.

Je suis accompagnée aujourd’hui de notre consule honoraire, Kaliopa Stilinovic, que vous connaissez tous puisque elle est un pilier de votre université. Je suis également venue avec notre nouvelle conseillère culturelle qui est également directrice de l’Institut français, Mme Isabelle Marchi-Barbaux. Elle est arrivée il y a quelques semaines en République de Macédoine mais est déjà venue deux fois à Bitola.
Vous le savez, la France et la Macédoine sont unies à Bitola par un passé partagé, de présence concrète, active. Une présence militaire, bien connue, jusqu’à 100 000 soldats entre novembre 1916 et septembre 1918, que la population de vos grand-pères a accueilli après deux guerres balkaniques, une guerre qui a fait souffrir des millions de personnes. Mais aussi une présence éducative, avec une école francophone jusqu’en 1945, un hôpital français, une communauté ecclésiastique. Je veux également mentionner la présence internationale de consuls qui parlaient le français au cours des siècles, puisque c’était la langue diplomatique, la langue du droit et la langue des salons littéraires, y compris dans les Balkans.

Cette présence française, aujourd’hui, nous la trouvons dans la ville, nous l’entretenons comme notre bien le plus précieux, non seulement à travers le cimetière français, mais également à travers un tissu étroit de relations, jumelages bien connus avec la ville d’Epinal et la région Basse-Normandie, et surtout un grand nombre de projets concrets, qui passent du patrimoine culturel au tissu économique.

Je souhaite souligner que ce tissu de relations institutionnelles se poursuit sans relâche et a pour principal objectif d’ancrer la Macédoine dans l’Union européenne, avec ses valeurs de démocratie, d’Etat de Droit, de gouvernance locale. La France l’a rappelé par la voix du Président de la République, François Hollande, en juillet 2013, lors du Sommet informel des chefs d’Etat des Balkans occidentaux, il a indiqué que la République de Macédoine, comme la Serbie, avec laquelle nous avons ouvert les négociations en janvier 2014, comme l’Albanie, qui s’est vu octroyer en juin 2014 le statut de pays candidat, a vocation à intégrer l’Union européenne. Tous les efforts seront faits pour le permettre et le Président de la République a proposé l’aide de la France pour résoudre le différend sur la question du nom avec la Grèce. Notre pays a été au rendez-vous de toutes les pages de l’histoire du pays, en 1991, en 2001 et encore en 2013 pour célébrer ensemble le centenaire de la Grande guerre.

Mesdames et Messieurs, l’avenir du pays dépend de l’engagement des générations de jeunes Macédoniens que vous êtes. Pas d’élites sans université de qualité et aujourd’hui, pas d’université sans échanges internationaux. C’est pourquoi je souhaite évoquer avec vous une composante désormais indispensable du cursus de tout étudiant européen : la mobilité.

Je souhaite évoquer devant vous les possibilités qui vous sont offertes, ainsi qu’à vos enseignants d’effectuer une période d’études ou des stages en France. Le fait d’avoir dans son curriculum vitae une expérience européenne ou internationale, un diplôme en langue, ou un double diplôme est un plus indéniable pour s’insérer dans le marché du travail.

Comme vous le savez, la République de Macédoine est éligible aux programmes européens, en particulier le programme ERASMUS+. Cela ouvre la possibilité de bénéficier d’une bourse européenne dès lors que votre université aura signé un accord de coopération (une charte Erasmus) avec un consortium d’autres universités. Nous faciliterons les contacts avec les universités françaises pour permettre à la Macédoine de prendre toute sa place dans cet espace de coopération universitaire qui ouvre des perspectives.

Au cours des six dernières années, 120 étudiants macédoniens (dont plusieurs élèves de Bitola et de sa région, issus souvent des sections bilingues de français) ont rejoint une université ou une école supérieure en France. Avec ERASMUS+, l’objectif désormais pour la France est de permettre des échanges beaucoup plus nombreux. Aujourd’hui, l’ambassade accorde chaque année quelques bourses du gouvernement français aux étudiants les plus méritants mais sachez désormais que l’Europe donne la possibilité de rejoindre une université française tout au long de votre cursus puisque les étudiants peuvent bénéficier de 12 mois de mobilité, études et/ou stages par cycle d’étude (Licence, Master, Doctorat). Sont concernés par Erasmus+ les membres des équipes éducatives et les personnels pour une période de formation et missions d’enseignement et les étudiants : pour une période d’étude ou de stage en entreprise. Mais Erasmus+ concerne également les jeunes en formation professionnelle pour des stages en entreprise et les jeunes hors du système éducatif : pour des actions de volontariat individuel ou en groupe.

Les universités françaises sont extrêmement accessibles, par exemple une inscription en licence coûte 180 euros et beaucoup d’entre elles proposent aujourd’hui des masters bilingues (anglais – français) ou des cursus complets en anglais. Les étudiants, en vivant une ou deux années en France, reviennent ainsi en étant multilingues. La langue ne doit pas être une barrière à la mobilité, l’Alliance française de Bitola pouvant préparer à un séjour en France. D’ailleurs en Macédoine, le plurilinguisme est d’ores et déjà un atout.

Je signale enfin, au sein de l’Institut français, sous la responsabilité de Mme Marchi-Barbaux, la présence de l’antenne CAMPUS-France qui peut vous donner de nombreux renseignements sur les études en France ou les masters francophones dans la région (Serbie, Bulgarie, Grèce) pour ceux qui parmi vous souhaiteraient s’inscrire dans un master ou un doctorat. Enfin, je vous encourage à participer au salon des Etudes en France qui aura lieu à Skopje, le 10 novembre, à la Maison de l’armée.

Dernière modification : 16/10/2014

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