Débat : "La réconciliation franco-allemande : enseignements pour aujourd’hui"

Dans le cadre du Cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée un débat intitulé "La réconciliation franco-allemande : enseignements pour aujourd’hui", a été organisé par les Ambassades de France et d’Allemagne le vendredi 15 février 2013 à 12 heures à la Bibliothèque nationale et universitaire "Saint Clément d’Ohrid" de Skopje.

M. Nikola POPOSKI, Ministre macédonien des affaires étrangères, a lui-même ouvert ce débat, en soulignant l’importance de ce moment fort dans l’histoire commune de ces deux pays européens - piliers de l’UE, en le désignant comme modèle unique à suivre pour aller vers un avenir de stabilité, de prospérité et de maintien de la paix au cœur de l’Europe.
Mme Steinacker, M. Poposki, M.Auer - JPEG
S.E. Mme Gudrun STEINACKER, Ambassadrice d’Allemagne, et S.E. Mme Laurence AUER, Ambassadrice de France, ont souligné la valeur et l’importance de ce traité ainsi que la lucidité et le courage nécessaires à l’établissement d’un processus de réconciliation. S.E. Mme Auer a ajouté que l’amitié franco-allemande n’était pas repliée sur ces deux pays mais qu’elle était, au contraire, ouverte aux autres pays, y compris, bien sûr, à ceux de la région balkanique.
JPEG
Le débat a été animé par des intellectuels français, allemand et locaux. Mme Claire Demesmay, chercheuse à l’Institut allemand de politique étrangère et spécialiste des relations franco-allemandes, M. Peter Rau, professeur à la Faculté de philologie de Skopje, M. Luan Starova, écrivain, académicien et ancien Ambassadeur de Macédoine à Paris, et M. Vlado Kambovski, Président de l’Académie macédonienne des arts et des sciences et professeur de droit constitutionnel M. Frank Morawietz, représentant de l’Office Franco-allemand de la jeunesse, et M. Bujar Luma, Président de l’association "Loja" de Tetovo, ont conjointement animé et modéré le débat.
JPEG
L’événement a réuni plus de 150 personnes, un public composé principalement de jeunes, de personnalités officielles et d’intellectuels de renom. Les médias, nombreux ( presse écrite et électronique, radios, télévisions) et en ont donné une bonne couverture .

L’ouverture a été précédée par la projection du film documentaire sur le discours du Général de Gaulle à la jeunesse allemande à Ludwisburg (le 9 septembre 1962) qui a particulièrement touché le public.

L’exposition "De Gaulle – Adenauer, bâtisseurs de l’amitié franco-allemande" retraçant la vie de ces deux grands visionnaires, a été présentée dans le hall de la Bibliothèque nationale avec des traduction des panneaux en macédonien et en albanais.
Cette manifestation, ainsi que le vernissage de l’exposition "De Gaulle – Adenauer, bâtisseurs de l’amitié franco-allemande" et la projection du film "Joyeux Noël", présentés le mardi 22 janvier 2013 à Cinémathèque de Macédoine, ont été organisés par les Ambassades de France et d’Allemagne, l’Institut français de Skopje et l’association "Loja" avec le soutien de l’Office franco-allemand de la jeunesse.

Allocution de Son Exc. Mme Laurence AUER
Ambassadrice de France en Macédoine.

Vendredi 15 février à 12h00

Bibliothèque nationale et universitaire

Son Excellence Madame l’Ambassadrice d’Allemagne, chère Gudrun Steinacker,
Monsieur le Président de l’Académie des Sciences de Macédoine,
Monsieur le Directeur de la Bibliothèque nationale et universitaire,
Cher Luan Starova,
Chère Madame Claire Desmesmay,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Il est pour moi très important que la première manifestation culturelle à laquelle je participe à Skopje, depuis mon installation officielle en Macédoine, s’inscrive dans la cadre de l’amitié franco-allemande.
Nous célébrons le cinquantenaire du Traité de l’Elysée, signé en janvier 1963. En cette date anniversaire, nos deux pays, la France et l’Allemagne, veulent rappeler qu’ils sont profondément attachés à la relation franco-allemande. Nous voulons la faire vivre, qu’elle soit ouverte sur les autres, qu’elle soit porteuse de projets.

L’amitié franco-allemande est le fruit d’une volonté politique : il s’agissait de rétablir la paix entre nos deux nations et de marquer la fin des décennies de guerres et d’affrontements. La relation franco-allemande n’est pas une donnée naturelle, elle suppose une capacité de renouvellement et un engagement de tous les instants.

Dans les Balkans, elle prend tout son sens, celui de la réconciliation et cinquante ans après, le Traité de l’Elysée reste toujours aussi actuel. Je rappelle les orientations de son préambule : reconciliation, jeunesse, solidarité, Europe.

A l’heure où le projet européen est secoué de difficultés et d’incertitudes, il est primordial pour nous de saisir l’occasion du 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée pour rappeler et saluer le courage et la lucidité des deux grands hommes d’Etat que furent le Chancelier Adenauer et le Général de Gaulle pour avoir décidé de regarder vers l’avenir.

Le Traité de Rome, fondateur de l’Union européenne, a précédé de quelques années le Traité de l’Elysée. Mais sans la réconciliation franco-allemande qui en constitue le socle, l’Union européenne telle qu’elle est aujourd’hui n’aurait dans doute jamais vu le jour. C’est la réconciliation franco-allemande qui a permis la réalisation de la grande idée européenne promue par Jean Monnet et Robert Schuman. Ce n’est qu’une fois réconciliés que nous avons pu construire. Ce n’est que sur cette base que nous avons pu convaincre nos partenaires et nos peuples d’édifier cet espace de paix qui, « sans renier l’ADN de nos Etats-Nation », comme dirait Alain Minc, nous a permis d’affronter ensemble la dure compétition mondiale. Malgré les obstacles qui se dressent sur son chemin, l’élan de solidarité entre nos deux pays sera toujours plus fort car il se nourrit à deux sources fondamentales : le dialogue et le respect de l’autre.

Je remercie donc tous ceux qui ont permis la réalisation de ce débat : M. Mile Bochevski, Directeur de la Bibliothèque nationale et universitaire « St Clément d’Ohrid » qui nous accueille aujourd’hui, sa collaboratrice, Mme Héléna Nikodinovska, mais aussi l’Office-franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) et l’association LOJA, et, bien sûr, nos collègues allemands pour leur précieuse et amicale collaboration. Mille mercis, enfin, à nos prestigieux invités pour leur disponibilité. Permettez-moi de saluer plus particulièrement Mme Claire Demesmay, experte reconnue de la relation franco-allemande, pour être venue spécialement de Berlin afin d’évoquer la signification du Traité de l’Elysée non pas tant sur le plan historique que pour ce qui regarde l’avenir de l’Europe et celui des Balkans au sein de l’Europe.

En quoi l’esprit du Traité de l’Elysée peut nous aider tous, aujourd’hui, c’est la question que nous vous posons et que vous posent, surtout, les jeunes ici présents. Nous ne sommes pas là pour donner des leçons mais pour éclairer l’avenir, et les écouter.

Je vous remercie.

Dernière modification : 19/02/2013

Haut de page