Deuxième débat du cycle « La crise et les pays candidats à l’adhésion à l’UE »

Avec le soutien de l’Institut français de Paris et de la Fondation Robert Schuman, ce poste a mis en place un cycle de trois conférences consacrées à la crise financière que traverse l’Europe.

Le deuxième débat de ce cycle, qui était intitulé « De la crise à l’intégration politique », s’est tenu, le jeudi 18 avril, à la Faculté d’Economie de l’Université Sts Cyrille et Méthode de Skopje, en partenariat avec cette dernière et la représentation de l’Union européenne. Il a été ouvert par Son Excellence Mme Laurence AUER, Ambassadrice de France en Macédoine.

M. Alain Fabre - JPEG
La personnalité française invitée était M. Alain FABRE, expert de la Fondation Robert Schuman, et son contradicteur était M. Taki FITI, ancien ministre des finances, académicien et professeur à la Faculté d’Economie.
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Les exposés des deux experts et la discussion avec le jeune public ont permis d’éclairer de nombreux aspects de la crise de l’euro. La question de l’évolution de l’Europe vers une plus grande intégration politique, voir même vers le fédéralisme, sous l’impulsion de la crise, a été au cœur du débat et des questions posées par les étudiants.

Cinq chaînes de télévisions étaient présentes, dont la télévision nationale. Les retombées médiatiques ont été nombreuses, tant dans la presse que sur les sites Internet d’information comme en témoignent l’article du grand quotidien populaire « Vecer »
ou l’article du site Netpress , entre autres.

Voici l’allocution de S.E. Mme l’Ambassadrice Laurence AUER :

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Madame la Vice-Doyenne de la Faculté d’Economie de l’Université Sts Cyrille et Méthode de Skopje, Mme Bilijana SEKULOVSKA-GABER,
Monsieur l’ancien Ministre, Académicien et Professeur, M. Taki FITI,
Monsieur Alain FABRE,
Chers amis étudiantes et étudiants,
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureuse d’ouvrir aujourd’hui le deuxième débat d’un cycle de trois rencontres que nous avons voulu proposer cette année à nos partenaires macédoniens sur le thème de la « crise financière en Europe ». Je suis en outre très fière de pouvoir vous proposer à cette occasion d’écouter et de partager les réflexions d’un éminent expert des questions économiques européennes, M. Alain FABRE, expert auprès de la Fondation Robert Schuman, et d’une haute personnalité macédonienne, M. Taki FITI, ancien ministre, membre de l’Académie des Sciences de Macédoine, que vous connaissez tous ici en tant que Professeur.

Nous avons choisi ce thème de la « crise financière en Europe » pour deux raisons essentielles. D’abord pour tenter d’éclairer les esprits : on parle beaucoup de cette crise, elle donne lieu à de nombreux commentaires dans les médias, notamment dans les médias macédoniens, sans que l’on sache toujours véritablement de quoi on parle. Des chiffres sont lancés en pâture au public sans que l’on connaisse véritablement leur origine, leur mode de calcul, sans que jamais on ne les mette en perspective. Et souvent, lorsque l’on ne sait pas de quoi on parle, on ne retient que des éléments de sensationnel, ce qui est commode pour vendre du papier ou de l’audience audio-visuelle. D’où vient véritablement cette crise ? Est-elle intrinsèque à la zone euro, ou résulte-t-elle de facteurs externes ? Se limite-t-elle, d’ailleurs, à la zone euro ? Quelles peuvent en être, enfin, les conséquences, sur la construction européenne et les perspectives d’élargissement ? C’est donc un premier travail pédagogique que nous attendons de nos intervenants.

Mais nous attendons aussi d’eux un message d’espoir. Non pas que nous imaginions qu’un miracle vienne par enchantement nous délivrer de cette crise. Mais je pense qu’il est nécessaire de souligner que la zone euro, tant critiquée, a pourtant bien résisté, malgré la fragilité de sa gouvernance politique et les coups de boutoirs des marchés. Jamais l’Europe n’avait connu de telles menaces sur son économie depuis la crise de 1929. Mais pour la première fois, cette crise a été gérée collectivement. Je rappelle que sur l’intervention déterminée du Président de la République française, Monsieur François Hollande, dès le printemps 2012, la solidarité européenne a joué entre les gouvernements, avec l’aide de la Banque centrale européenne. Des solutions ont été trouvées à l’occasion des sommets européens de juin et octobre 2012 pour stabiliser le système financier européen et protéger les fondements de l’euro.

La concertation inter-gouvernementale dans la zone euro a donc toujours permis de surmonter les crises et les désaccords les plus profonds, et il faut le souligner, le dialogue est passé par un accord entre la France et l’Allemagne. L’intérêt supérieur de l’Europe a toujours prévalu sur les égoïsmes nationaux, même si cela a parfois généré la montée du populisme et souvent, la perte du pouvoir pour les gouvernements.

Nous fêtons cette année le Cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée, en collaboration étroite avec nos amis allemands. Si Allemands et Français ont su se réconcilier après des décennies de haine et de violences, il n’y pas lieu de penser que l’Europe d’aujourd’hui, plus solide car plus solidaire, ne parviendra pas à dépasser cette grave crise financière. Ne nous laissons donc pas séduire par la tentation délétère de la division et du repliement sur soi. Il ne s’agit pas de nier la crise ; mais ayons confiance en nos capacités à la surmonter.

Alors que la Macédoine est sur le chemin de l’Europe c’est donc un message d’espoir en celle-ci que nous voudrions aussi vous délivrer ce soir : « l’Europe, ce n’est pas le problème, c’est la solution » !

Avant de donner la parole à nos intervenants, je souhaite vivement remercier les partenaires qui nous ont aidé à organiser ce débat : la Fondation Robert Schuman, la Faculté d’Economie de l’Université Sts Cyrille et Méthode de Skopje qui a bien voulu nous accueillir dans ses locaux, ainsi que la Représentation de l’Union européenne en Macédoine.

Je vous remercie.

Dernière modification : 21/10/2014

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