Discours de Mme Laurence Auer, Ambassadrice de France, à l’occasion de l’ouverture de la formation : « Enquêtes économiques et financières » [mk]

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Madame la directrice, Chère Aneta,
Messieurs les experts français, cher Monsieur Letocard, cher Monsieur Pierre,
Chers magistrats et procureurs,
Chers élèves de l’Académie,
Mesdames et messieurs,

L’Ambassade de France et l’Académie des juges et des procureurs de Macédoine entretiennent depuis longtemps une fructueuse coopération qui prend racine dès la création de l’Académie. Sous l’empire de la présente convention, signée en le 31 janvier 2012, ce n’est pas moins de 7 formations qui ont pris place, ainsi que des séjours d’études à Bordeaux et à Strasbourg. De plus des auditeurs français viennent régulièrement parachever leur formation, ici même à Skopje.

Il ne peut y avoir d’Etat de droit sans réelle justice. Il faut donc des juges et des procureurs parfaitement formés, conscients de l’environnement culturel et social dans lequel ils vont rendre la justice. Ces séminaires remplissent ce double objectif, de formation technique et d’ouverture intellectuelle. Et comme « enseigner, c’est apprendre », je suis persuadée que les experts français apprennent autant que leur public dans cet échange.

Le thème d’aujourd’hui souligne encore une fois l’actualité de nos séminaires. La lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent est une exigence de notre époque. Si les faits de corruption et la persistance du crime organisé sont aussi anciens que l’Etat, les facilités de communication et de transfert monétaire ont rendu le combat contre ces cancers de l’Etat particulièrement difficile. Les soupçons d’argent aux origines douteuses saisissent rapidement l’ensemble des citoyens, décrédibilisant l’Etat, rendant sans légitimité ses dirigeants, flétrissant la morale publique. Seule une justice indépendante, transparente, impartiale constitue le rempart de la démocratie contre le mal de la corruption.

Dirigeant l’équipe d’investigation, garantissant le respect des procédures, utilisant l’ensemble des outils nationaux et internationaux à sa disposition, le magistrat constitue le contre-pouvoir indispensable à la puissance de l’argent occulte.

Aux regards des attentes immenses que suscite le sujet important de la lutte contre la délinquance financière, messieurs Letocart et Pierre constituent les experts parfaits pour susciter débats et réflexions.
Monsieur Aurélien Letocart, est docteur en droit privé, magistrat depuis 2006, a été pendant 5 ans juge d’instruction avant de rejoindre la Direction des affaires criminelles et des grâces où il s’occupe actuellement de la lutte contre le blanchissement, la cybercriminalité et le faux-monnayage au sein du Bureau de la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et le blanchiment. Monsieur Régis Pierre est magistrat depuis 2001, où il a occupé de nombreux postes tous ayant trait à notre thème. Spécialiste de la question des trafics financiers et des questions économiques, il est actuellement vice-président en charge de l’instruction, à Nancy. En raison de ses missions, il effectue de nombreux actes internationaux et sera donc à même de répondre à toutes vos interrogations concernant la coopération internationale.

L’excellence de cette formation m’amène à entamer la réflexion sur les contours d’un futur cycle de formation, symbole de la relation forte qui existe entre la République de Macédoine et la France. Mais il s’agit là d’une autre question. Il me reste donc à vous souhaiter d’excellents travaux et sur des débats particulièrement fructueux.

Je vous remercie.
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Dernière modification : 14/10/2014

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