Entretien de l’ambassadeur accordé au quotidien Večer [mk] [sq]

L’ambassadeur a été interrogé par le quotidien « Večer » sur la perspective européenne de la Macédoine du Nord.

La ministre française des Affaires européennes, Mme Nathalie Loiseau, a déclaré lors de sa visite que l’Union européenne devrait procéder à des réformes internes avant de pouvoir accueillir de nouveaux membres, annonçant que la Macédoine et l’Albanie pourraient rester sans recommandation d’ouverture des négociations pour l’adhésion, attendue à l’été. Elle a également déclaré que le fait que la Macédoine ait changé de nom soit un développement positif des événements et que la France exprime sa satisfaction, mais que cela ne serait pas suffisant pour l’ouverture des négociations avec l’UE.

De tels messages d’opposition à l’élargissement de la part de la France et des Pays-Bas sont également venus hier au déjeuner de travail des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Union européenne à Bruxelles.

Est-ce que le pays, en tant que Macédoine du Nord, aura ou non le feu vert de la France pour rejoindre l’UE ?

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Je m’étonne de la déformation des propos tenus par notre ministre des Affaires européennes, Mme Nathalie Loiseau lors de sa visite à Skopje, qui relève plutôt de la désinformation.

L’ouverture des négociations et l’adhésion finale sont deux réalités différentes. La position française est que l’accueil de nouveaux membres ne pourra se faire, pour de multiples raisons, que dans le cadre d’une Union rénovée et fonctionnelle. Cela suppose aussi la réussite d’un processus d’adhésion qui, après l’ouverture éventuelle des négociations, pourra durer plusieurs années. La Ministre a rappelé que les États-membres attendaient comme convenu lors du Conseil de juin 2018 le rapport de la Commission sur les réformes entreprises dans le domaine de la Justice, des services secrets, de l’administration publique et de la lutte contre la corruption. Plusieurs de ces lois concernant ces domaines sont encore devant le Parlement. L’Accord de Prespa a été salué par les autorités françaises permettant la levée d’un obstacle important de la part d’un État-membre mais n’entre pas dans l’évaluation des conditions à remplir pour ouvrir les négociations.

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De son côté, la France a mis à la disposition des autorités macédoniennes un expert chargé de les aider dans le processus actuel. Un premier séminaire s’est tenu, avec le soutien du gouvernement français, en janvier et sera suivi de trois réunions opérationnelles avant juin. Nous sommes optimistes sur le chemin européen pris par la Macédoine du Nord mais attentifs sur ses aspects concrets. A titre d’exemple le Conseil des ministres, donc la France vient d’arrêter aujourd’hui sa position concernant l’instrument d’aide de préadhésion pour la période 2021 – 2027. La Macédoine du Nord bénéficiera de tous ces instruments pour faciliter sa trajectoire européenne.

Pour le reste, on ne peut que mettre en garde le public contre les confidences d’après-déjeuner, sur des sujets qui méritent mieux que des spéculations.
C’est au Conseil de juin que les décisions et évaluations des États-membres seront connues sur la base du rapport précité.

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Dernière modification : 21/03/2019

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