LE COMMERCE EXTERIEUR DE LA MACEDOINE

En dix ans les exportations de la Macédoine comme ses importations ont plus que doublé. Le déficit commercial des biens, quant à lui, se redresse légèrement pour atteindre 19 % en 2015 et 16,5 % en incluant les services. La politique d’attraction d’investissements étrangers structurée autour des zones franches a conduit à une hausse importante des exportations et à une diversification de ces dernières au profit de produits à plus grande valeur ajoutée. Grâce à certains investissements germaniques, la Macédoine s’intègre de plus en plus dans la chaîne de production allemande.

Les entreprises étrangères contribuent de manière significative au dynamisme des échanges extérieurs de la Macédoine

Les échanges commerciaux sont en progression de 7 % en 2015 et s’élèvent à 9,8 Md EUR. Depuis 2005, les exportations et les importations suivent une tendance haussière pour atteindre respectivement 4,1 et 5,8 Md EUR en 2015. Le solde commercial des biens (-1,7 Md EUR) représente 19 % du PIB du pays et s’améliore par rapport à l’année précédente, grâce à un accroissement des exportations plus important que celui des importations.
Les échanges commerciaux de la Macédoine jouent un rôle de plus en plus important dans l’économie du pays et représentent 108 % du PIB en 2015 contre 84 % en 2005. La balance des biens, bien que déficitaire, est en voie d’amélioration soutenue par les exportations. Le déficit des biens et services, même s’il demeure important, se réduit en 2015 à 16,5 % du PIB. Les remises des migrants (et les flux d’IDE) compensent en grande partie ces déséquilibres. En 2015, le déficit du compte courant s’est quand même légèrement accru par rapport à 2014 et représente -1,4 % du PIB.
La reprise de l’activité en Europe a profité au pays, l’Allemagne et la Bulgarie étant les principaux clients de la Macédoine. Le pays est plutôt protégé du ralentissement en Chine, les exports vers la puissance asiatique ne représentant en 2015 que 3,2 % des ventes totales de la Macédoine. Les principaux fournisseurs sont l’Allemagne, le Royaume-Uni, mais aussi la Grèce dont la part relative dans les importations diminue légèrement entre 2014 et 2015.
Les ventes des zones franches représentent plus d’un tiers du total des exportations. Elles ont atteint 429 M EUR au 1er trimestre 2016, soit un accroissement annuel de 33 %. Parmi les principales firmes étrangères implantées figurent le fabricant américain de pièces de voitures Johnson Controls, l’entreprise britannique spécialisée dans l’industrie chimique Johnson Matthey et le constructeur de bus Van Hool.
Membre du CEFTA, la Macédoine a également conclu un accord d’association et de stabilisation avec l’UE et en 2005 a obtenu le statut de pays candidat. Depuis avril 2003, la Macédoine est membre de l’OMC.

La Macédoine connaît une progression non négligeable de ses exportations en 2015, portée par l’accroissement des ventes de biens d’équipement et matériel de transport et de produits chimiques

En 2015, le premier poste d’exportations de la Macédoine est celui des « biens d’équipement et matériel de transport », représentant près de 25 % des ventes. Ce poste a connu une progression annuelle significative de 212 M EUR en 2015. Le deuxième poste « produits chimiques » (23 % des exportations) a augmenté de 16 % par rapport à 2014 grâce aux matériaux et produits chimiques. Les entreprises étrangères - Johnson Controls, Johnson Matthey et Van Hool – sont très probablement à l’origine de ces flux. Les « produits manufacturés à base de matières premières » représentent, quant à eux, 18 % des ventes suite aux exportations significatives de fer et d’acier.

Pour subvenir à ses besoins, le pays importe des produits manufacturés à base de matières premières (36 % des importations en 2015), les achats de métaux non-ferreux s’établissant à 744 M EUR. Souffrant encore d’une base de production étroite, la Macédoine importe des « biens d’équipements et matériel de transport » (20 %, dont machineries et équipements électriques à hauteur de 355 M EUR). Le pays importe également des « produits chimiques » pour un montant de 688 M EUR (12 %).

La Macédoine a bénéficié du regain d’activité de l’UE où se trouve la plupart de ses clients

Les pays membres de l’UE sont les premiers clients de la Macédoine, achetant 75 % de ses exportations en 2015 (3 Md EUR). L’Allemagne est son premier client (44,3 % des ventes). Les exportations vers certains pays de la zone euro, et surtout vers l’Allemagne, ont augmenté ces dernières années grâce aux IDE et aux activités dans les zones industrielles. La Macédoine s’intègre peu à peu dans la chaîne de production allemande. La Belgique est en 6ème place (129 M EUR), ce qui s’explique par l’implantation de la filiale de Van Hool qui fabrique des bus. Les pays non membres de l’UE de la région tels que la Serbie et la Bosnie-Herzégovine sont des clients également importants de la Macédoine. En revanche, la France n’est que le 20ème client du pays.
Les importations macédoniennes proviennent surtout de l’UE avec une part de 60 % en 2015, soit près de 3,5 Md EUR. L’Allemagne est le premier fournisseur avec 12,6 % des imports totaux de la Macédoine. La France est en 14 ème place (1,6 % des importations macédoniennes en 2015).
L’Allemagne apparaît donc comme le principal partenaire commercial de ce pays des Balkans.

Le pays enregistre un rythme de croissance soutenu et constitue une des économies les plus dynamiques de la région, l’activité progressant de 3,5% en 2014 et 3,7% en 2015. D’après les dernières prévisions de la Commission européenne, en 2016, le principal moteur de la croissance sera la demande intérieure, mais aussi dans une moindre mesure le commerce extérieur. Comme d’autres pays de la région, les exportations dépendent structurellement des IDE. Les entreprises implantées dans les zones franches jouent un rôle de plus en plus important dans l’économie macédonienne, les usines étrangères important à ce stade l’essentiel de leurs intrants. Toutefois, le pays gagnerait à diversifier ses clients afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’Allemagne. La stabilisation de la vie politique est également un facteur important pour poursuivre le développement économique.

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Dernière modification : 24/04/2017

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