Entretien de l’ambassadeur avec Vecer [mk] [sq]

Le quotidien Vecer a souhaité interroger l’ambassadeur sur les positions françaises relatives à la Macédoine et aux Balkans Occidentaux.

La France toujours aux côtés des citoyens de la Macédoine

La réunion annuelle des ambassadeurs français avec le Président Macron commencera la semaine prochaine. Que peut-on en attendre pour la Macédoine ?

Ce sera un moment important car cette année un atelier spécial sera consacré aux Balkans. La région est redevenue un centre d’intérêt de premier plan pour la politique européenne. Le moment est venu pour les Etats de la région de décider de leur avenir. Après la désintégration et la stabilisation, c’est maintenant à eux de décider si le temps de l’intégration est venu. La France a toujours été présente aux moments-clefs de la région pour défendre la paix, les valeurs de liberté et de fraternité qui sont les siennes, et préparer un avenir européen conforme aux aspirations historiques de ses peuples. La Macédoine se trouve à un moment de choix et j’expliquerai combien nous devons être engagés à ses côtés, concrètement, pour l’accompagner dans ses réformes et l’aider à remplir les conditions indispensables pour participer à cet avenir européen.

On dit que le Président Macron est réticent à l’intégration européenne des Balkans, est-ce exact ?

Le Président Macron est un européen convaincu et il a dit, dès son arrivée, que la place des Balkans occidentaux, la place de la Macédoine, se trouvait naturellement dans une construction européenne. Il ne sert à rien de se cacher qu’après son succès qui lui a permis d’intégrer de nombreux pays, elle a connu avec la crise grecque, avec le Brexit, avec la crise migratoire, une série d’interrogations et de remises en question. Celles-ci à la veille des élections européennes de 2015 ne pouvaient être remises sur le tapis, comme si de rien n’était. Le Président Macron a le mérite de proposer une architecture réaliste et différenciée qui prendrait en compte les particularités et les capacités de chaque pays, sans utopie ni exclusion, comme il vient de le rappeler à Lisbonne. La France est le seul pays à avoir une vision sur l’avenir aussi claire et sur laquelle elle appelle à un débat de tous les citoyens européens. Je m’en suis entretenu avec Nikola Poposki, le président du conseil pour l’intégration européenne de Macédoine et avec le ministre Nikola Dimitrov pour qu’un tel débat puisse avoir lieu ici aussi. Pour nous, la voix macédonienne compte : vous êtes déjà dans la famille européenne.

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A la veille du referendum, quel est votre message ?

Ce referendum est un moment clef de l’histoire de votre pays. Il permettra de mesurer l’implication des citoyens dans la construction d’un espace de débat démocratique, et la capacité de la majorité comme de l’opposition à s’entendre sur l’intérêt national mais aussi l’intérêt européen. Tout récemment, un groupe de députés français appartenant à tous les bords politiques, a publié une lettre ouverte en faveur de l’intégration européenne de la Macédoine. C’est un signe que ce pays a retrouvé une image plus favorable. Elle doit être confirmée cependant par un véritable agenda de réformes, un changement de comportement. Il reste trop de corruption et de « capture » de l’Etat par des intérêts particuliers. Mais il faut encourager et accompagner le changement.

Qu’allez-vous faire à Paris, concrètement pour faire avancer la coopération entre les deux pays ?

J’ai des entretiens avec le syndicat des patrons français, le MEDEF, pour les inciter à s’intéresser au pays, notamment dans le secteur de la santé, des transports et de la construction, pour prolonger la mission du maire de Skopje en avril dernier. Je verrai les députés les plus influents sur le dossier européen pour leur demander de nous accorder les moyens nécessaires à notre coopération et de ne pas perdre de vue l’accompagnement des réformes. Je dirai à mes autorités qu’on attend de nous que nous soyons des partenaires exigeants, mais présents et bienveillants. Je dirai aussi que je suis optimiste quant à la volonté du peuple macédonien de s’engager pleinement sur la voie européenne et de surmonter « l’INET » au profit de l’avenir.

Dernière modification : 08/10/2018

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