Lancement de l’ouvrage sur la collection française du Musée et inauguration de l’exposition des œuvres françaises « Paris-Skopje, histoire d’une donation internationale »

Pour l’histoire exceptionnelle de sa constitution, un mouvement de solidarité internationale qui a abouti à ce que 1750 artistes du monde entier donnent une œuvre en solidarité au terrible tremblement de terre qui a décimé la ville, en 1963.

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Madame la Directrice,
Chers compatriotes et amis
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie d’être présents ce soir pour ce double événement, le lancement d’un ouvrage sur l’histoire de la collection et la donation française, que nous devons à M. Sylvain Lecombre qui nous fait l’honneur de sa présence à Skopje et une exposition, un accrochage d’œuvres de cette collection, la plus importante du Musée, qui n’ont pas été montrées depuis 2001. Merci au musée et à sa directrice d’avoir permis ce travail historique, la nouvelle campagne de photographies et aux Archives du Ministère des affaires étrangères et du développement international, qui nous ont ouvert les archives diplomatiques datant de la donation.

Lorsque Boris Petkovski l’éminent premier directeur du Musée d’art contemporain de Skopje quitte ses fonctions en 1976, il peut être fier d’avoir accueilli plus de 3000 œuvres de près de 1500 artistes du monde entier, un musée unique dans les Balkans, pour différentes raisons :

  • Pour sa place éminente dans l’histoire de l’art contemporain. Un musée dont la collection a précédé le bâtiment, construit et inauguré le 5 avril 1969, que visita le Premier ministre français, Jacques Chaban-Delmas en 1971. Un musée hors les murs comme à la fois Beaubourg et Le Louvre en créent aujourd’hui à Malaga ou Abou Dhabi. Rénové et rouvert en 2014, le musée doit devenir le passage obligé de tous les visiteurs à Skopje, un lieu d’éducation artistique des jeunes générations.
  • Pour son unité artistique exceptionnelle, une sorte de photographie de l’art en 1964, la plupart des œuvres, provenant de cette période emblématique de l’art moderne, le début des formes d’art contemporain, avec encore les grands maîtres du XXème siècle et des formes nouvelles d’expression, installations, vidéos, photographie.
  • Pour l’histoire exceptionnelle de sa constitution, un mouvement de solidarité internationale qui a abouti à ce que 1750 artistes du monde entier donnent une œuvre en solidarité au terrible tremblement de terre qui a décimé la ville, en 1963.

Dans ce contexte, l’histoire de la donation française trouve une résonnance particulière, pas seulement parce que Paris est considérée depuis le début du XXème siècle comme capitale des arts, grâce à la présence d’artistes du monde entier, Picasso, Matta, Vasarely, mais aussi parce qu’en face de Boris Petkovski, il se trouvait un Français exceptionnel, Jean Cassou, compagnon de la Libération, poète, critique d’art, fondateur en 1934 du comité de vigilance anti-fasciste et dès 1940 conservateur adjoint du musée d’art moderne, puis directeur fondateur du Musée national de 1945 à 1965. Vingt ans au service de l’art moderne, Jean Cassou est à l’origine, en 1963, du mouvement de solidarité qui aboutit à l’exceptionnelle collection française, 350 œuvres d’une qualité inespérée, et et je précise que cette appellation inclut les artistes belge hongrois ou espagnols vivant à Paris, qui sont tout aussi présents dans cette collection. Jean Cassou poursuit la collecte de dons : après sa retraite il continue à solliciter les artistes pour qu’ils donnent des œuvres pour le musée de Skopje,

Quand on inaugure le musée, le 13 novembre 1970 et le bâtiment des trois architectes polonais, c’est un geste d’affiliation au message universel de l’art que le musée veut rendre hommage, une « tentative d’affiliation au mouvement global de l’art, comme le dit si bien Boris Petkovski, une « mise en concordance avec les codes esthétiques mondiaux et les lieux artistiques leur correspondant ». Il voyait un musée en phase avec son temps, le début d’un processus long, une chaîne dont nous sommes aujourd’hui l’un des maillons. Un musée c’est l’essai permanent pour en améliorer la composition, et je souhaite que nous puissions poursuivre dans cette voir, créer un prix franco-macédonien d’art contemporain assorti d’une résidence d’artiste, puisque la République de Macédoine dispose à Paris d’un studio, à la Cité des arts.

Le long travail ayant abouti à cet ouvrage a commencé il y a deux ans, grâce à la complicité de deux personnes, Hubert Cavaniol et Jacques Nassieu Maupas, infatigable ami de la Macédoine, qui nous apporté le soutien de trois entreprises françaises, Veolia, Egis, Thales. Je lui laisse la parole mais tiens à souligner que sans la vision de ces trois entreprises globales et leur générosité, cet ouvrage n’aurait pas pu voir le jour, aussi je souhaite les remercier le plus sincèrement.

Merci à tous de votre présence.

Dernière modification : 17/06/2015

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