Interview de l’Ambassadrice de France, Laurence Auer pour le quotidien Vecer [mk]

Interview de l’Ambassadrice de France, Laurence Auer pour le quotidien Vecer : elle fait part de ses expériences dans le pays, le 13 septembre 2015.

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« Je souhaite que les Français connaissent mieux votre pays. Surtout, j’espère qu’en France on se rende compte de la créativité et de la productivité macédonienne et que les Macédoniens en soient fiers », dit Auer

L’Ambassadrice de la République française, Laurence Auer est en service diplomatique en Macédoine depuis deux ans. Elle est impressionnée par les beautés de la Macédoine, et travaille continuellement sur l’amélioration de la coopération entre les deux pays. L’Ambassadrice nous a accueilli à la Résidence française, où, entre autres, elle nous a parlé de la « féminisation » du Ministère français des Affaires étrangères, où en trois ans seulement, le nombre de femmes ambassadeurs a augmenté de 29 à 48 en 2015. Récemment, l’Ambassadrice est apparue à la une du fameux hebdomadaire français "L’Obs" où, avec 15 collègues ambassadrices, a été choisie comme l’un des meilleurs représentants diplomatiques de son pays.

Quelles sont vos impressions de votre séjour en Macédoine ?
Je suis arrivée en janvier 2013 et ce qui me frappe le plus, ce sont les découvertes de trésors que je continue à faire : les églises byzantines sont innombrables, les espèces de fleurs, de fruits, les villages perchés à plus de 1500 mètres d’altitude, la qualité de l’hospitalité. La récolte du vin à Kavadarci, le riz à Kocani, les fruits de Berovo, le musée de Krushevo, le festival d’Ohrid : chaque région a quelque chose de spécial et une activité à proposer.

Qu’est-ce que vous aimez le plus en Macédoine ?
La montagne. Je suis née dans une région montagneuse, j’ai grandi dès l’âge de 3 ans skis au pied et en Macédoine, je suis heureuse ici, été comme hiver. Les paysages sont magnifiques, le potentiel touristique lié à la découverte de la nature, à une nourriture saine et à du sport en toute saison, est immense.
Mais j’aime également le travail de rapprochement de la Macédoine avec l’Union européenne, comme vient de le répéter le ministre français Harlem Désir, présent à Skopje le 2 septembre : La France a proposé dès l’an 2000 l’intégration de l’ensemble des Balkans occidentaux dans l’UE et nous travaillons désormais à l’organisation d’une conférence à Paris à l’été 2016 pour nous rapprocher de cet objectif.

Trouvez-vous peut-être des similitudes avec votre pays ?
Nous avons deux points communs : l’amour de la bonne nourriture et la mémoire du passé. Sur le premier point, un échange se fait sur la gastronomie à la fois à la télévision et lors d’un événement annuel, « Gout de France ». Nous espérons convaincre de nombreux restaurants de présenter un plat français lors de la deuxième édition, le 19 mars de l’an prochain.
La mémoire, le patrimoine nous lie à travers l’histoire, il suffit de se rendre aux cimetières français de Skopje et Bitola, ou au Pelister, à Galicica, pour comprendre combien de jeunes Français ont laissé la vie dans ce pays, pendant la première guerre mondiale, on parle de 70 000 entre 1916 et 1918. Pour les honorer, nous construisons aujourd’hui un musée à Bitola.

Pourriez-vous nous présenter votre pays et nous conseiller que visiter ?
Je pense que pour aller en France, des possibilités nouvelles se sont mises en place depuis deux ans, et qu’il faut en profiter : une liaison directe Paris-Skopje mais aussi Mulhouse Skopje, une offre infinie de bourses grâce au système Erasmus + et via internet, une infinie possibilité de découvrir des lieux à la fois uniques et bon marché, bien sûr, Paris. Je recommande d’aller découvrir le nouveau Musée Picasso, le bois de Boulogne avec la Fondation Vuitton. L’Institut français de Skopje fait un travail fantastique pour présenter toutes les opportunités, il faut s’y rendre.

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Quelles sont les spécificités de votre pays qui vous manquent ici et quelles sont les spécificités que propose la Macédoine que vous souhaiteriez emmener avec vous dans votre pays ?
Il manque un agenda culturel : il y a tout à Skopje, mais il faut connaître les événements par le bouche à oreille, vous ne trouvez pas une semaine à l’avance sur un site internet ou une publication les meilleures expositions, les critiques des films à voir, les concerts. Nous avons des festivals exceptionnels mais il faudrait les faire connaître en France, je pense au festival des frères Manaki, merveille de créativité qui va encore une fois accueillir une production française, le 19 septembre. J’attends aussi avec impatience la nouvelle salle de concert de Skopje.

Quelles sont vos expériences en Macédoine que vous transmettriez à vos amis en France ?
Je souhaite que les Français connaissent mieux votre pays. Surtout, j’espère qu’en France on se rende compte de la créativité et de la productivité macédonienne et que les Macédoniens en soient fiers. En ce moment même en France, savez-vous que le livre de Venko Andonovski, « Sorcières », est un très grand succès, ou que deux designers macédoniens, Marjan Denkov de « Rue Monsieur » et Marta Grnarova de Zavar sont présents à la Paris Design Week ? C’est un potentiel de développement économique important entre nos deux pays.

Dernière modification : 16/09/2015

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