Ouverture de l’Ecole des droits de l’Homme pour les jeunes [mk]

Allocution de S.E. Mme Laurence Auer à l’occasion de l’ouverture, le mardi 19 août à Skopje, des travaux de l’École des droits de l’Homme pour les jeunes, pilotés par le Comité d’Helsinki et l’Institut des droits de l’Homme de la ville de Caen, et consacrés à la lutte contre les crimes de haine.

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« Madame la directrice du bureau de la coopération Basse-Normandie Macédoine, chère Ivana,
Madame la Directrice du Comité Helsinki de Macédoine, chère Uranija,
Mesdames et Messieurs les experts macédoniens et français,
Chers jeunes amis venus de toute la Macédoine et de la région de Basse-Normandie,

Je suis particulièrement heureuse d’ouvrir les travaux de cette première école des droits de l’Homme destinée aux jeunes de Macédoine et de la région de Basse-Normandie, consacrée à la lutte contre le crime de haine. Elle a pour objectif de travailler en commun sur la lutte contre les crimes de haine fondés sur des critères politiques ou religieux chez les jeunes. Elle a aussi pour but de susciter l’engagement des jeunes comme moyen de prévenir les crimes de haine, à travers un programme interactif qui inclut l’examen des réseaux sociaux, des jeux de rôles, etc.

La qualité de cette formation tient en la compétence des deux partenaires qui l’ont proposée, le Comité d’Helsinki des droits de l’homme est une ONG qui assure le suivi pour le compte de l’OSCE notamment les procès liés aux crimes de haine, et l’Institut des droits de l’Homme de la ville de Caen.

Le crime de haine, qu’il ait pour motif l’intolérance religieuse, les différences culturelles ou de langue, le nationalisme exacerbé, la passion identitaire, est l’un des poisons dont les sociétés multiculturelles sont victimes. Les jeunes sociétés sont particulièrement touchées, qui n’ont pas eu le temps, au cours de longs siècles d’histoire, de se forger un idéal de citoyenneté qui transcende les différences, leur donne un sens commun, dans le désir de vivre ensemble et ensemble, de construire une société harmonieuse et respectueuse de chacun.

On le sait, les jeunes, sont également le reflet des clivages et des passions qui animent la société parentèle. Il faut beaucoup de réflexion, d’indépendance d’esprit et de courage pour ne pas, à 20 ans, reproduire le passé en croyant inventer un avenir. La plupart des crimes de haine, préparés par la banalisation du discours de haine, en particulier sur les réseaux sociaux d’internet, sont le fait des jeunes.

Cette formation qui rassemble vingt jeunes Macédoniens et six Français, venus de Basse-Normandie permettra d’abord une réflexion sur les conséquences des intolérances, et surtout par une réflexion sur le projet commun qui permet de regarder ces différences comme une richesse. Il vous faut également cultiver les bons réflexes, avoir en vous un signal d’alarme qui sonne dès que vous sentez en vous monter ces ferments de désunion.

Ces journées montrent la solidité des liens issus de la coopération entre la Basse Normandie et la Macédoine et témoignent de sa cohérence avec les actions globales menées dans ce pays par l’Ambassade de France. En effet commencent ces jours-ci une importante coopération que nous menons conjointement avec l’OSCE en nous appuyant sur diverses ONG représentant la société civile pour lutter contre le discours de haine.

Pour toutes ces raisons je vous souhaite d’excellents travaux. »

Dernière modification : 20/08/2014

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