Ouverture de l’exposition « Auschwitz-Birkenau » Signature du mémorandum entre le Mémorial de la Shoah et le Musée de l’Holocauste de Skopje Lundi 30 mars 2015, 18 heures Musée de l’Holocauste

Discours d’ouverture de l’exposition « Auschwitz-Birkenau » Signature du mémorandum entre le Mémorial de la Shoah et le Musée de l’Holocauste de Skopje Lundi 30 mars 2015, 18 heures Musée de l’Holocauste

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Monsieur le Directeur du Mémorial de la Shoah à Paris, Cher Monsieur Fredj,
Monsieur le Directeur du Musée de l’Holocauste à Skopje, Cher Monsieur Sadikario,
Madame la Présidente de la Communauté Juive de Macédoine,
Monsieur le Président de la Fondation du Musée,
Cher Monsieur Bruno Boyer,
Mesdames et messieurs,
Cher public,

Je suis particulièrement honorée d’être aujourd’hui avec vous en ce haut lieu de mémoire qu’est le Musée de l’Holocauste des Juifs en Macédoine, et je vous remercie vivement de m’avoir donné l’occasion de prendre la parole dans cette manifestation imaginée en deux temps : l’ouverture de l’exposition sur le camp de concentration et d’extermination Auschwitz – Birkenau et la signature du mémorandum entre le Mémorial de Paris et le Musée de Skopje.
Je dois vous avouer que j’ai ressenti une grande émotion en relisant les panneaux de l’exposition qui m’ont fait revivre d’une manière simple cet incommensurable drame humain, cette tragédie dont nous ne pouvons définir l’échelle tellement elle est haute, ce génocide effroyable d’une nation, cet épisode noir de l’Histoire humaine qu’est la Shoah.

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Nous pensions tout connaitre, avoir lu beaucoup d’ouvrages et d’articles, avoir regardé plein de films documentaires. Et pourtant….
Les 24 panneaux de l’exposition retracent le cheminement d’une idéologie folle et génocidaire qui va s’installer et monter en puissance afin que se mette en place, à partir de 1942, un véritable système et machine implacable d’extermination. Le camp de Auschwitz-Birkenau restera le triste exemple de l’extermination des Juifs d’Europe, et des crimes de masse perpétrés au nom d’une vision fondée sur la haine et l’antisémitisme. Il aura coûté la vie à plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants, l’ensemble de la Shoah comptant plus de 6 millions de victimes, 7000 pour la Macédoine et 80000 pour la France. Toute une nation aura péri sous la vague meurtrière d’une violence jamais atteinte auparavant dans l’histoire de l’Homme.
La question s’est posée une multitude fois : que dire face à l’horreur, face à l’indicible effroi qui vous prend en lisant les chiffres, en regardant les images des personnes déportées et leurs souffrances ? Il nous faut certes entretenir et garder la mémoire des victimes, le souvenir de ces familles emportées par la volonté d’anéantissement de tout un peuple et surtout commémorer pour que quelque part apparaisse une lueur de consolation. Mais il nous faut surtout garder l’éveil : la lutte pour un monde meilleur fondé sur la Paix, la non-violence, le respect des Droits de l’Homme et de ses libertés, n’est pas terminé. De récents événements nous rappellent funestement que nous avons encore tout un chemin à parcourir. De nouveaux dangers guettent l’Humanité et remettent en cause la phrase que nous pensions acquise à tout jamais : que cela ne se reproduise plus.
Garder et entretenir la mémoire, approfondir et continuer les recherches, échanger les archives entre les deux institutions, transmettre les connaissances par des séminaires autant à Paris qu’à Skopje, présenter des expositions, tels sont les objectifs que se fixent le Mémorial de la Shoah à Paris, et le Musée de l’Holocauste à Skopje, dans le cadre du Mémorandum que les deux partis signeront. Le rapprochement de ces deux institutions ne peut que nous réjouir et je les encourage fortement dans cette démarche.
Et enfin en regardant ces visages, ces photographies qui sont exposées, je ne peux me retenir et vous dire : puisse la paix durer toujours !
Je vous remercie.

Dernière modification : 31/03/2015

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