Présentation économique de la Macédoine

La Macédoine est un des plus petits pays d’Europe, tant par sa superficie (25 713 km2) que par sa population (2,1 millions d’habitants), ce qui correspond aux dimensions de la Slovénie ou d’une région française moyenne. C’est aussi l’un des plus pauvres avec un salaire mensuel net moyen de 342 € (février 2013) et un taux de chômage officiellement évalué à 30,6% de la population active (en 2012). Cependant, l’économie « informelle » est estimée à 40% du PIB. Ce faible niveau résulte du double effet d’une transition du socialisme à l’économie de marché et d’une histoire récente troublée.

Dans les années qui ont suivi l’indépendance en 1991, le pays a affronté plusieurs crises majeures. Notamment l’embargo grec de 1994-95, ainsi que les embargos contre la Serbie-Monténégro en 1992-96 et 1998-99, suite aux conflits en Bosnie et au Kosovo. Géographiquement enclavée, la Macédoine dépend en effet principalement de la Serbie et de la Grèce pour ses transports terrestres. Quant au conflit interethnique en Macédoine en 2001, ses effets sur l’économie ont été désastreux : recul du PIB de 4,5% et de la production industrielle de 10%. Entre 2003 et 2008, le rythme de croissance avait repris à hauteur de 4% en moyenne (atteignant 5,9% en 2007). En 2009, la crise économique a également touché la Macédoine (-0,7% de croissance), mais de moindre ampleur qu’à l’échelle régionale. Entre 2010 et 2012, la croissance avait oscillé entre 0,6% et 0,7%. Pour 2013, le gouvernement macédonien prévoit une croissance de 2% du PIB.

La monnaie (le denar macédonien) est rattachée à l’euro par un taux fixe depuis plusieurs années. La Macédoine fait partie des « bons élèves » du Fonds Monétaire International. Elle est membre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) depuis avril 2003 et pays candidat à l’Union Européenne depuis décembre 2005. Elle est également candidate à l’OTAN. Cependant, le litige avec la Grèce, sur le nom du pays, représente le principal obstacle.

De nombreuses réformes ont été réalisées, notamment en matière de privatisations et de restructurations d’entreprises publiques. Mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l’Etat de droit et l’environnement légal des affaires. Une campagne de grande envergure intitulée « Invest in Macedonia » n’a pas encore réussi à attirer les investisseurs étrangers, qui bénéficient de conditions fiscales très favorables.

L’économie macédonienne souffre d’une faible industrialisation, retardée par les disputes dont ce territoire a été l’objet entre ses voisins depuis plus d’un siècle. Le pays dispose cependant de réels atouts naturels et sociaux. Le sous-sol offre des ressources importantes de nickel, de plomb-zinc, de lignite (combustible qui fournit 80% de la production électrique macédonienne). Un ensemble de barrages créés entre 1950 et 1970 produit l’électricité complétant celle des centrales thermiques. L’agriculture assure une bonne part des exportations, avec notamment le tabac (Prilep) et le vin (Tikves). L’industrie textile est également bien développée, beaucoup d’usines travaillant pour de grandes marques occidentales. Son faible coût de main-d’oeuvre expliquant cette attractivité.

Par sa situation géographique, la Macédoine est un carrefour stratégique en Europe du sud-est, la vallée du Vardar formant un couloir naturel incontournable entre l’Europe Centrale et la Grèce (« corridor 10 » dans la terminologie régionale). Cet atout se trouvera renforcé à moyen terme par l’amélioration du « corridor 8 » est-ouest.

Quant au domaine touristique, la Macédoine recèle des paysages naturels et un héritage culturel conséquent. Il existe quatre Parc Naturels Nationaux, principalement situés dans l’ouest. Outre quelques grands sites archéologiques comme Heraclea et Stobi, les différentes régions abritent de superbes monastères vieux de plusieurs siècles, ornés de remarquables oeuvres d’art. Le joyau touristique de la Macédoine est la ville millénaire d’Ohrid, dont la forteresse médiévale et les églises orthodoxes se mirent dans les eaux du grand lac du même nom frontalier avec l’Albanie. Ce site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour davantage d’informations, vous pouvez consulter la page consacrée à la situation de la Macédoine par la Direction générale du Trésor du Ministère de l’Economie et des Finances

Dernière modification : 22/10/2014

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