Projet Média avec l’Association des journalistes de Macédoine AJM

Séminaire « Monitoring the implementation of media legislation and court practice In Macédonia »

Allocution de clôture de Madame l’Ambassadrice lors du séminaire d’AJM.

Monsieur le Vice-premier ministre, cher Fatmir Besimi,
Monsieur le président de l’AJM, cher Nasser Selmani,
Madame l’Ambassadrice d’Allemagne, chère Christine Althauser,
Mesdames et messieurs,

Le début de cette année a dramatiquement rappelé l’importance de la liberté des médias et de l’expression. En effet, le 7 janvier quand des terroristes ont attaqué un journal français, assassinant les membres de la rédaction, c’est une valeur fondamentale la liberté d’expression, ferment de la démocratie, qui a été rappelée. J’ai pu apprécier le soutien de tous, et de l’AJM en particulièr, dans ces tragiques circonstances.
Au-delà des symboles et des valeurs, la liberté des médias est avant tout une affaire technique. Assurer le pluralisme des opinions et donc de la presse est un objectif crucial pour la démocratie. C’est une obligation légale et un impératif politique. Les Etats doivent donc veiller à ce que les journalistes puissent travailler, que les organes de presse puissent publier, et que l’opinion publique puisse être informée par des courants de pensées différents.
Cette obligation est particulièrement importante en période électorale et vous pouvez être assurés de la vigilance de la communauté internationale pour éviter la collusion Partis/institutions en période électorale et mettre, comme le prévoit l’accord politique du 15 juillet, des instances de surveillance en ce sens. Le groupe de travail sur les élections poursuit ses travaux, il doit faire des propositions au 6 octobre, la question des médias en période électorale en fait partie, comme l’a si bien souligné le rapport Priebe.
Le projet mené par l’AJM durant ces douze derniers mois symbolise ces exigences. En étudiant minutieusement la pratique judiciaire du cadre légal concernant les délits de presse, en examinant avec précision le financement de la presse et en proposant des évolutions au cadre juridique macédonien sur les médias, le travail mené contribue puissamment au débat public. Ce n’est pas le moindre de ses mérites. Mais ce n’est pas le seul.
Il faut souligner ici le travail de l’AJM qui a poursuivi et publié les travaux depuis un an : l’étude sur la publicité des médias, dont la méthodologie utilisée est précise et l’analyse est rigoureuse puis, aujourd’hui les études sur la diffamation et les propositions dans les différents secteurs pour améliorer l’indépendance, le professionnalisme et le pluralisme des expressions.
A la lecture des travaux et à l’instar de Christine Althauser, j’appelle de mes vœux une réflexion globale et structurelle de la gouvernance des médias, avec l’agence des médias et de l’audiovisuel et également avec le nouveau conseil d’éthique, dans l’objectif de garantir que les instances de régulation soient indépendantes mais aussi efficaces pour la profession tout entière. Le financement des médias doit notamment être assuré de manière à assurer un véritable pluralisme de la presse. Et les journalistes doivent pouvoir exercer leur profession sans craindre violence et intimidation, il est nécessaire d’assurer le cadre juridique nécessaire à leur protection.
Il s’agit d’assurer un véritable statut au journaliste. Comme tout citoyen, il doit se conformer aux règles interdisant le discours de haine. Les journalistes, même d’opinions et de journaux différents, ne devraient pas avoir à se confronter judiciairement.
Avec l’OSCE, j’ai initié un intéressant programme de coopération contre le discours de haine en Macédoine auprès des jeunes. Et des travaux, j’en ai retiré la conclusion que les journalistes, s’ils sont libres et formés, sont une partie de la solution au fléau de l’intolérance et de la haine de l’autre. En veillant à la diffusion et à la vérification des informations, ils contribuent à faire vivre la démocratie. Les travaux de l’AJM menés depuis un an sont en cela particulièrement utiles.
Le 26 février 2014, j’avais organisé un débat sur la liberté de la presse, ici à Skopje. A cette occasion, des représentants de Reporter sans frontière avaient pu expliciter les raisons du classement de la Macédoine. J’ai l’intime conviction que si les recommandations du rapport présenté aujourd’hui sont suivies ; non seulement, la Macédoine retrouvera le rang qui devrait être le sien au sein des différents classements internationaux ; mais, en plus, elle aura progressé dans la perspective de l’adhésion à l’Union européenne. Il faut donc réformer, et pour cela, le fruit de notre projet commun, chère Christine, est particulièrement précieux.
Chère Christine Althauser, merci de votre implication dans cette importante action. Merci aussi à l’AJM, et à son président, pour avoir réalisé ce difficile projet et à tous les participants aujourd’hui de venir en débattre. Une pensée toute particulière à son directeur, Dragan Sekulovski, pour avoir assuré avec mes services une relation confiante et constante.
Je terminerai en rappelant que nous poursuivrons le travail avec l’ambassade d’Allemagne sur la préparation des élections, car le débat public doit être une partie importante de la campagne, les journalistes doivent pouvoir contribuer le plus librement possible au débat public, c’est l’objet essentiel de ce rapport, d’une actualité brulante.
Je vous remercie.

Analysis of case of defamation and insult
Assessment of media system in Macedonia

Dernière modification : 02/10/2015

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