Remise des insignes de Chevalier des Arts et des Lettres à Branko Cobanov

Remise des insignes de Chevalier des Arts et des Lettres à Branko Cobanov, attaché culturel, adjoint à la directrice de l’institut français de Institut français de Skopje, avec nos félicitations et notre admiration.

Remise des insignes de Chevalier des Arts et des Lettres à Monsieur Branislav Cobanov, Attaché culturel et Adjoint à la Directrice de l’Institut français de Skopje

Résidence de France, mardi 2 juin 2015

Cher Branko,

C’est un grand honneur pour moi d’accueillir, à la Résidence de France, votre famille, vos amis et tous nos partenaires des institutions culturelles macédoniennes, si nombreux, pour une fois non pas réunis pour un échange franco-macédonien, une coopération artistique, un film ou une pièce de théâtre, mais réunis pour vous. Il s’agit de vous remettre, ce soir, la plus prestigieuse des décorations françaises dans le domaine de la culture, créée par André Malraux, en 1957, le fameux ruban vert, une distinction - et je le cite- « respectée et enviée des artistes, des écrivains, des créateurs », comme le voulait celui qui a fondé et dirigé le ministère de la culture, de 1959 à 1969.

Branko Cobanov, avant même l’instauration des relations politiques entre la République de Macédoine et la France, avant même la création de l’ambassade, il y a eu la culture, et il y a eu vous. Comme nous célébrions l’an dernier les 40 ans de l’Institut français de Skopje, qui s’est si longtemps appelé CCF, centre culturel français, je mesurais les liens que vous aviez tissés avec chacun des directeurs, dont plusieurs étaient revenus à Skopje pour l’occasion. La relation affectueuse au pays, leur attachement fidèle passait par l’ensemble des personnels et en particulier par vous, à la fois précis et bienveillant, cultivé et grand défenseur de la Francophonie. Je ne peux pas citer tous ceux avec lesquels vous avez travaillé, au-delà des deux directeurs qui ont servi ou servent sous mon autorité, Jean-Yves Lavoir et Isabelle Marchi-Barbaux. Je n’en citerai qu’un, présent lors d’un moment si particulier de la construction de votre pays, symbole de l’acharnement bienveillant à maintenir des liens culturels aux pires moments de l’histoire.

C’est François Maspero, dans l’un de ses cinq périples dans la région, relatés dans Balkans-Transit, qui décrit le mieux votre travail : l’épisode se passe en 1993, le directeur du centre culturel, André Vigne, est l’authentique représentant, pour les Macédoniens, de la France, « pour le meilleur et pour le pire », comme il l’écrit. « Difficile et belle histoire que celle d’un professeur envoyé au fin fond de la Yougoslavie qui s’était retrouvé un beau matin seul officiel français dans un pays nouvellement indépendant. …Avec sa barbe de pope souriant Il était aussi populaire que Cantona à Manchester. .. Mais pour l’heure, avec sa jovialité coutumière, il devait faire face à l’accueil d’un chansonnier français tout en attendant avec impatience une cantatrice lyrique franco-serbe de Belgrade. Le soir venait, tout le monde était inquiet, la cantatrice aurait dû arriver en bus à 4 heures il en était déjà 8, le franchissement des frontières était un éternel défi ».

Branko, dans cet épisode et bien d’autres, l’infiniment grand, -la diffusion de la culture et de l’art français au plus grand nombre, le respect du public et le souci détail qui se télescopent. Ces deux extrêmes ont été, depuis que vous avez embrassé l’IFS -ou bien c’est l’inverse, c’est l’IFS qui vous a embrassé, en 1983, un souci permanent. Vous avez servi comme assistant aux réalisations culturelles, interprète, secrétaire général, délégué aux manifestations culturelles avant d’être attaché culturel, depuis 2006 et adjoint au directeur. Dans toutes ces fonctions, vous avez démontré un attachement à la culture française tout aussi important qu’un attachement à la valorisation de la culture macédonienne, vous avez combiné l’amour de toutes les disciplines, sous toutes leurs formes, festivals, expositions, manifestations, de façon ouverte, éclectique, sans à priori. Nous vous devons une immense reconnaissance, au-delà des personnes, des directeurs et des ambassadeurs, vous avez été le fil continu de notre action culturelle, depuis trente ans.

Cher Branko, vous faites partie de cette chaîne exceptionnelle de compétence, de savoir-faire, de valeurs dont la France est si fière, à l’étranger. Aussi est-ce un honneur particulier, ce soir, de vous remettre ce signe de reconnaissance de la République française, prestigieux et mérité.

Branislav Cobanov, au nom du Ministère de la culture et de la communication et des pouvoirs qui me sont conférés, j’ai le plaisir de vous remettre les insignes de Chevalier des Arts et des Lettres.

Dernière modification : 04/06/2015

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