Remise du rapport NDI/Reactor

Discours pour la remise du projet NDI/Reactor

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Mesdames, chères amies,
Chère Ana,
Cher Chris,
Messieurs,

La démocratie est une affaire de diversité. Ce n’est que par la multiplicité des opinions, des idées et de ceux qui les portent que l’on arrive à proposer aux citoyens de véritables choix. Or, en Macédoine comme en France du reste, on constate que la représentation des femmes dans la vie politique n’est guère à la hauteur des enjeux. Il apparaît nécessaire de faire évoluer les cadres politiques, juridiques et sociaux pour arriver à une meilleure représentativité au sein du corps national. C’est l’objet de l’étude menée brillamment par Reactor, qui est présenté aujourd’hui.

Le cadre de l’étude et la raison pour laquelle l’Ambassade de France a souhaité soutenir ce projet est tout simplement de donner de l’effectivité à la démocratie
. Il ne s’agit pas simplement d’affirmer que tout un chacun peut voter, encore faut-il que toutes les sensibilités puissent avoir la possibilité d’être représentées. Toutes les études menées en sciences politiques ou en sciences sociales, ces soixante dernières années, démontrent que les femmes en situation de responsabilité ont un regard plus pragmatique et raisonné que leurs homologues masculins. Cette richesse potentielle doit pouvoir être offerte au vote des citoyens et doit pouvoir être mise au service de la société.

Il faut donc modifier les perceptions. Changer la perception en politique, c’est faire avancer la société dans son ensemble. Il apparaissait donc essentiel d’analyser les raisons conjoncturelles et systémiques du peu de représentation des femmes dans la vie politique locale, d’identifier les points de blocage, afin, dans un second temps, de proposer des modifications substantielles.

Avec nos partenaires du NDI et de Reactor, ce ne sont pas moins de 34 entretiens formels, 402 entretiens téléphoniques, et 6 réunions de validation dans 6 localités différentes, regroupant 106 femmes engagées dans la politique, qui ont été conduits à travers tout le pays. Je remercie tous les partis politiques d’avoir participé à ces différentes manifestations, qui ont permis de collecter des données, importantes en qualité comme en quantité.

Au terme de ce travail, proprement novateur en Macédoine, l’étude nous propose de nouveaux chemins pour améliorer la représentativité des femmes dans les prochaines élections locales. Rendre effectives les recommandations du rapport va nécessiter un travail de fond. Je sais que Chris et Ana, du NDI, se sont déjà engagés dans une réflexion de fond à ce sujet. Vous pouvez compter sur le soutien attentif de l’Ambassade à cet égard.

Les recommandations du rapport sont importantes et m’ont inspiré deux réflexions.
La première concerne le recrutement au sein des partis des femmes, le plus largement et le plus tôt possible ainsi que leur formation. Cela implique une véritable volonté des partis de s’ouvrir à la jeunesse et à la diversité. Une culture politique différente et une communication adaptée sont là nécessaires. Elle est accompagnée d’une recommandation sur la formation au travail parlementaire. C’est là une piste intéressante à creuser et mes services vont l’explorer.

La deuxième recommandation, qui, à ce que j’ai cru comprendre, a commencé à faire débat est l’introduction de quota tant dans la présentation des candidates par les partis que dans l’affectation à des postes de responsabilité. La loi a le pouvoir de faire changer les cultures même quand les mentalités y sont réticentes, c’est un outil puissant et efficace dont il faut bien peser l’emploi. Mettre des quotas dans les listes pour assurer une représentation des femmes s’avère souvent nécessaire dans la plupart des démocraties. Encore faut-il s’assurer que les candidates soient en bonne place dans la liste. C’est là une condition essentielle pour rendre utile la méthode des quotas.

A cet égard, le compromis de la commission électorale pour les prochaines élections législatives, obtenu sous le patronage de Peter van Houte, est intéressant. 40 % de femmes sur les listes présentées par les partis, avec 1 place réservé sur 3 pour une candidate, et une quatrième à la dixième, constitue un premier pas dans la bonne direction, mouvement qu’il conviendra d’affiner dans la perspective des élections municipales.

La mise en œuvre les recommandations du rapport revient à changer de paradigme politique. La culture politique actuellement en œuvre doit s’adapter afin d’intégrer les spécificités du regard des femmes dans les programmes et les idéologies des différents parties. C’est là un mouvement à l’œuvre dans tous les pays européens, il est heureux qu’il soit aussi dignement représenté par vous mesdames.

Je vous remercie

Dernière modification : 29/10/2015

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