Séminaire « Les enjeux de la transition énergétique et ses répercussions en Macédoine »

Séminaire du 27 mai 2015 organisé par l’Institut français de Skopje et l’Ambassade d’Allemagne, en présence de Mme Laurence Auer, Ambassadrice de France, et Mme Christine Althauser, Ambassadrice d’Allemagne.

Trois tables rondes ont été proposées :

"La Macédoine et la transition énergetique : le temps des questions" ;
"Les réponses françaises et allemandes aux défis des énergies renouvelables et de la ville durable" ;
"L’efficacité énergétique : solutions pour une vie durable".

Intervention de Madame l’Ambassadrice :

Monsieur le Vice Premier Ministre, Cher Monsieur Peshevski,
Madame l’Ambassadrice d’Allemagne, Chère Christine,
Chers participants du séminaire, chers professeurs,
Cher public,
Je suis très heureuse d’être aujourd’hui avec vous pour l’ouverture du séminaire sur les enjeux de la transition énergétique et ses répercussions en République de Macédoine. Ce projet qui a bénéficié de l’aide du Fonds franco-allemand de manifestations en pays tiers et du soutien de l’Institut français de Paris, a été mené en étroite collaboration avec nos collègues de l’Ambassade d’Allemagne que je voudrais tout particulièrement remercier. Nous avons travaillé ensemble sur un thème et une notion, apparus pour la première fois au début des années 80, en Allemagne : la transition énergétique. Il s’agit de la question la plus cruciale de l’organisation des sociétés de demain.
La transition énergétique est importante, en République de Macédoine, pour trois raisons : tout d’abord parce que la transition énergétique est l’enjeu majeur de la réponse au changement climatique et vous savez que nous attendons le programme national macédonien. Ensuite, parce qu’il y a un potentiel important de développement des énergies renouvelables en République de Macédoine, solaire, biomasse, hydroélectricité et d’économies d’énergie. Or, nous avons besoin de l’engagement de tous les pays pour réussir la conférence de Paris, la COP 21 cette année. Enfin, l’enjeu de la pollution et de la vie en milieu urbain est étroitement lié à l’utilisation de l’énergie. Je sais combien nos partenaires macédoniens, avec lesquels nous coopérons sur les questions d’environnement sont sensibilisés à ces questions.
L’Homme a libéré dans l’atmosphère, depuis le début de l’ère industrielle, par l’utilisation d’énergies fossiles ou carbonées, des quantités incommensurables de gaz à effet de serre, comme le carbone dioxyde, qui retiennent la chaleur du soleil et provoquent un dérèglement climatique de plus en plus patent. La communauté internationale aura mis un certain temps à intégrer le lien entre émissions de gaz à effet de serre et dérèglement climatique. Mais le constat est aujourd’hui évident : la température terrestre a globalement augmenté depuis la fin du XIXème de +0,7°C et si nous voulons maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C, il nous faudra réaliser limiter considérablement l’utilisation des énergies fossiles. La dépendance au pétrole, au charbon et au gaz a atteint des niveaux inégalés. Nous devons donc chercher ensemble des alternatives crédibles et rentables.

Les initiatives internationales se multiplient et dans ce contexte, comme le savez, la France accueille du 30 novembre au 11 décembre 2015, la 21ème conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, connu sous le nom de COP 21. Cette grande conférence est une échéance cruciale pour aboutir à un nouvel accord international sur le climat applicable à tous les pays. L’objectif affiché est de réduire considérablement, dans les années à venir, les émissions de gaz à effet de serre et pour y parvenir, la clé de voûte réside justement dans la transition énergétique : remplacer les combustibles fossiles par un bouquet énergétique basé sur des ressources renouvelables.

En France, la loi sur la transition énergétique a été votée hier. Elle dessine l’avenir énergétique de la France à l’horizon 2025 et la trajectoire à suivre pour y parvenir en mobilisant un large panel d’acteurs (Etat, collectivités, entreprises, ONG, particuliers). Cette loi contient plus de 150 articles et je ne vous cache pas que le débat a été vif en France car cette loi vise à réduire par deux les consommations énergétiques d’ici 2050. Elle modifiera en profondeur la société française.
La transition énergétique qui s’avère aujourd’hui comme une nécessité, implique une transition technique et comportementale : il nous faut réfléchir à notre politique énergétique, il nous faut changer nos modes de consommation, éviter la surconsommation. Des défis majeurs nous attendent pour prétendre à une meilleure efficacité énergétique.

C’est pour débattre de toutes ces questions que nous avons invité des experts français, allemands et macédoniens, et je voudrais les remercier pour leurs contributions. Ce séminaire que nous voyons comme un grand débat ouvert et citoyen auquel nous avons souhaité associer les décideurs, les experts, les acteurs économiques et la société civile, est décliné en trois panels qui vous permettront de poser des questions en direct ou à distance puisque nous serons également en visioconférence avec deux lycées macédoniens de Gevgelia et Kocani. Nous n’avons pas la prétention aujourd’hui de donner des réponses mais d’ouvrir le débat sur un front très large : la transition énergétique n’est pas seulement une question de politique énergétique ou d’approche scientifique, elle nous concerne tous. Adoptons les bons réflexes, soyons ouverts à d’autres alternatives, réfléchissons à tout ce que nous pouvons faire pour garantir aux générations futures un avenir serein.

Je vous remercie et vous souhaite d’excellents travaux.

JPEG

Dernière modification : 28/05/2015

Haut de page