Situation économique et financière de la Macédoine début 2015

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La Macédoine renoue depuis deux ans avec des taux de croissance élevés (3,8 % en 2014) et pourrait connaître plus de 3,5% de croissance en 2015, grâce à une forte progression des investissements. Le chômage est structurellement élevé, mais il diminue depuis six ans. Le gouvernement a mis en œuvre une politique budgétaire plus accommodante qui s’est traduite par une hausse du déficit budgétaire à 4,2 % du PIB en 2014, mais aussi de la dette publique qui atteint 46% du PIB. Le secteur bancaire est à priori stable sous la supervision efficace de la Banque centrale et la reprise du crédit en 2014 permet de financer la demande intérieure. Outre les efforts continus du gouvernement en termes d’amélioration de l’environnement des affaires, les prochaines réformes structurelles devraient concerner les secteurs du transport, de l’énergie et l’éducation. A noter les incertitudes politiques affectant actuellement le pays.

Depuis deux ans, la Macédoine connait une croissance économique soutenue et voit son appareil de production se moderniser

La Macédoine connait une croissance soutenue depuis deux ans, l’activité progressant de 2,7 % en 2013 et de 3,8 % en 2014. Celle-ci a été tirée, sur le plan de la demande, par les investissements qui ont progressé de 14 % en 2014. La consommation domestique a également progressé en 2014, en revanche le commerce extérieur continue de contribuer négativement à la croissance. Une majorité d’économistes prévoit un taux de croissance élevé pour 2015 (3,5 % pour la Commission Européenne et 3,7 % pour le FMI), cependant les incertitudes politiques actuelles affectant le pays pourraient remettre en cause ce taux de croissance élevé. Le chômage reste très important en Macédoine, malgré une baisse du taux de chômage qui ressort à 27,6 % fin 2014 après avoir atteint un pic à 34,8 % au premier semestre 2008. Le chômage des jeunes de 15-24 ans est toujours particulièrement élevé (50,4 %). Depuis avril 2014, la Macédoine est en situation de déflation (celle-ci s’établit à -0,3% en mars 2015) en raison de la baisse des prix agricoles et des prix des produits importés. L’inflation devrait toutefois retourner en territoire positif en 2015. Les autorités macédoniennes ont engagé, aux cours de ces dernières années, une politique très active pour attirer les investissements étrangers en améliorant l’environnement des affaires et en créant des zones franches. Cette politique s’est traduite par des résultats positifs : les IDE ont fortement augmenté depuis 2012 (passant de 1 % du PIB en 2012 à 3,1 % du PIB en 2014) suite à l’implantation de grands groupes internationaux en Macédoine. Ces investissements, qui ont été effectués dans des secteurs tournés vers l’exportation, permettent de moderniser l’appareil de production du pays via le développement du secteur manufacturier et une diversification et une montée en gamme des exportations. Cependant, l’augmentation rapide des exportations macédoniennes (+ 17 % en 2014) ne permet pas, jusqu’à présent, de réduire significativement le déficit commercial, qui reste très élevé (stagnant à 1,86 Md EUR en 2014, soit près de 22 % du PIB). En effet, les entreprises internationales récemment implantées en Macédoine continuent de s’approvisionner à l’étranger, contribuant ainsi également à une hausse significative des importations (+ 10 % en 2014).

Le gouvernement met en œuvre depuis 2012 une politique de relance budgétaire plus volontariste

Réalisant jusque-là une gestion des finances publiques prudente, le gouvernement macédonien a mené une politique de relance budgétaire plus volontariste à partir de 2012. Le déficit public ressort ainsi à 3,8 % du PIB en 2012, à 3,9 % en 2013 et à 4,2 % en 2014 (dépassant ainsi la cible de 3,7 % retenue dans le collectif budgétaire de septembre 2014). Pour cette année, le gouvernement fixe dans la loi de finances 2015 un objectif de 3,5 % du PIB en retenant une hypothèse de croissance relativement optimiste de 4 %. Le FMI appelle à présent les autorités à consolider les finances publiques, la croissance que connait le pays ne justifiant plus une politique budgétaire de sortie de crise. La Macédoine a adopté, pour la première fois, une stratégie budgétaire de moyen terme pour programmer sur la durée une baisse du déficit. La dette du gouvernement a connu une augmentation importante, atteignant 38 % du PIB fin 2014 après 24 % en 2010. Ce ratio ne prend cependant pas en compte les entreprises publiques, dont la dette progresse rapidement ces dernières années. La dette publique, incluant ces entreprises, atteint 46 % du PIB.

L’impact de la crise sur le secteur bancaire a été limité en Macédoine grâce à la supervision prudente de la Banque centrale

Les autorités macédoniennes appliquent un régime de change de flottement dirigé, qui s’apparente de facto à un change fixe vis-à-vis de l’euro. Le secteur bancaire macédonien est concentré et dominé par des banques étrangères. L’actif total des 15 établissements bancaires recensés en Macédoine s’établit à 6,5 Md EUR fin 2014, soit 76,1 % du PIB. Le secteur est fortement concentré, deux tiers des actifs étant détenus par les trois plus grandes banques : Stopanska Banka Skopje, Tutunska Banka, et Komercijalna Banka. L’impact de la crise sur le secteur bancaire a pu être contenu grâce à la supervision de la banque centrale. Celle-ci a en effet encadré la croissance du crédit avant 2008, ce qui s’est traduit par une hausse modérée du taux de prêts non performants après la crise. Celui-ci s’est stabilisé depuis 2012 et s’établit à 11,3 % fin 2014, un taux bas à l’aune régionale. Les banques ont soutenu la reprise de la demande privée en 2014, l’activité de crédit ayant fortement rebondi (+ 10 %, dont + 12 % pour les prêts aux ménages et + 8,6 % pour les crédits aux entreprises). L’offre de crédits a pu être financée par les dépôts qui ont également connu une croissance importante (+ 11 % en 2014), le ratio crédits sur dépôts demeurant bas (88 % fin 2014).

Malgré un environnement favorable aux affaires, d’importantes réformes structurelles doivent encore être réalisées, notamment en matière de transport, énergie et éducation

Le rapport Doing Business 2015 de la Banque mondiale, qui évalue l’environnement des affaires, classe la Macédoine en 30ème position sur 189 pays, soulignant les nombreuses mesures mises en place pour encourager l’activité entrepreneuriale qui est fondamentale et critique pour réduire le déficit commercial du pays. Parmi ces mesures et outre la fiscalité attractive pour les entreprises, il convient de mentionner la création des zones de développement technologiques et industrielles (zones franches) ainsi que la nouvelle loi visant à réduire les délais de paiement des entités publiques. S’agissant des IFIS, la BEI a mis à la disposition de la Banque Macédonienne de Développement une ligne de crédit de 300 M € pour financer les PME. La Banque Mondiale vient d’adopter sa nouvelle stratégie 2014-2020 qui se fonde sur deux piliers : Croissance et compétitivité et Formation et inclusion. Dans ce contexte, le gouvernement, dans son programme national de réforme économique (PNRE) pour 2014-2017, privilégie outre l’environnement des affaires (cf. supra) trois axes en termes de réformes structurelles visant notamment à tirer un meilleur parti des IDE pour l’économie locale : l’amélioration du réseau de transport ; le renforcement et la sécurisation du secteur énergétique et la réforme du secteur éducatif.

Indicateurs macroéconomiques 2014

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Dernière modification : 19/06/2015

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