Souvenirs de la Première guerre mondiale [mk] [sq]

Le 24 décembre, l’ambassadeur a ouvert au Musée de la lutte macédonienne, avec le ministre de la culture M. Ademi l’exposition « Souvenirs de la Première guerre mondiale ».

C’est l’occasion d’un bilan du riche Centenaire co-organisé avec un pays qui commence à se réapproprier avec nous cette part de son histoire dans toute sa dimension européenne.

"Monsieur le ministre, Madame la directrice, chers amis,

C’est pour moi un grand honneur que d’ouvrir cette remarquable exposition consacrée à la Première Guerre mondiale dans un lieu dont la vocation est de présenter l’histoire macédonienne au vingtième siècle et les étapes de la création de votre État. Je salue cette belle initiative et félicite tous ceux qui ont participé à sa réalisation.

Il s’agit d’un lien de plus à l’heure où nous allons marquer ce vingt-sept décembre la date précise de l’instauration de nos relations diplomatiques. Cette exposition nous rappelle une étape décisive et douloureuse de votre histoire inscrite dans la mémoire des peuples qui composent l’Europe, et, bien entendu, des diverses communautés qui ont bâti ensemble votre république.

En 1918 prenait fin ici sur le front de Macédoine avec la prise de Skopje une tragédie commencée en 1912 où les peuples de la région ont pris leur part de souffrance et joué un rôle souvent méconnu par l’historien. Cette histoire reste à explorer et à redécouvrir, comme une grande partie de l’histoire de la région et cela sur une base de vérité mais aussi de tolérance et de réconciliation.

C’est notre attente pour vous permettre d’entrer dans une construction européenne qui sera respectueuse des identités et des histoires nationales mais aussi tournée vers l’avenir sans ressasser des stéréotypes et des légendes. Les mythes de Grandeur nationaliste finissent toujours en grande catastrophe pour les peuples.

Nous devons aller vers une mémoire commune, sans oublier le passé, mais comme Français et Allemands l’ont fait, en acceptant la réalité de l’autre au service d’une ambition commune C’est plus que jamais, malgré les obstacles, celle d’un continent européen réconcilié de l’Atlantique à l’Oural autour de la paix, de la liberté et du développement.

Je salue à cette occasion, la très heureuse décision du Ministère de la Culture à travers sa direction du patrimoine qui a accepté d’inscrire l’ouverture de nos deux musées de Bitola et de Skopje dans l’agenda de l’Année européenne Patrimoine qui s’achève ces jours-ci. Il s’agit d’une reconnaissance d’une mémoire commune qui nous oblige les uns et les autres dans un cadre européen à construire ensemble un avenir meilleur. Je suis fier à ce titre d’avoir conduit mes collègues russe et américain dans ces lieux où le prix de la paix prend tout son sens.

Je remercie en cette occasion les hautes autorités de l’État à commencer par le président Ivanov, présent à Paris le 11 novembre et représentant la Macédoine au forum de la paix, mais aussi la ministre de la Défense et ses services, ainsi que les maires de Skopje et de Bitola pour leur volonté très forte de s’associer à ce message de paix et de le transmettre aux nouvelles générations.

Nous allons continuer sur cette voie en soutenant la présentation en France de l’exposition préparée par l’Association des Professeurs d’histoire, en commençant par Épinal, jumelée avec Bitola, et en poursuivant les rencontres d’historiens, les prochaines étant autour du Traité de Versailles, grande leçon sur la nécessité du compromis et du multilatéralisme pour bâtir la paix.

La transmission est le sens premier d’un centenaire que la France a voulu commémorer les yeux tournés vers l’avenir, avec tous ses partenaires en Europe et dans le monde.

Chers amis, c’est bien le lieu et le moment de vous souhaiter une année 2019 qui approfondisse la réconciliation régionale. Plein succès pour une nouvelle étape décisive dans votre chemin vers un État prospère et solide intégré dans une Europe pacifique et respectée !"

Dernière modification : 11/02/2019

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