Tribune franco-allemande publiée dans le quotidien Vest pour célébrer le 53ème anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée [mk] [sq]

Le 22 janvier 1963 a été signé, au Palais de l’Elysée à Paris un traité qui incarna pour la réconciliation franco-allemande. Le Traité de l’Elysée a vu le jour grâce à la détermination politique du Général De Gaulle et du Chancelier Konrad Adenauer. Cet acte politique symbolise le rapprochement de deux nations ayant connu des blessures sans nom causées par l’orage d’acier de la Première et de la Deuxième guerre mondiale. Ce rapprochement patiemment mûri constitue l’origine de cette amitié qui a modelé, pas à pas, l’architecture et les réalisations de la construction européenne.

Le traité a instauré les bases d’un renouveau des relations bilatérales entre les deux pays en systématisant les visites officielles et en créant l’Office franco-allemand de la Jeunesse. Ces engagements politiques ont entretenu au quotidien la bonne marche de ce partenariat stratégique et la transmission aux générations successives du sentiment de partager un destin commun.

  • La réussite de l’Office franco-allemand des jeunes doit être reproduite, ici, dans la région avec d’autres priorités et adaptée aux besoins. Rappelons-nous la Conférence de Berlin du mois d’août 2014 qui a traité des questions liées aux Balkans Occidentaux et la possibilité de créer une Organisation régionale des jeunes en suivant le modèle franco-allemand. Cette idée a été rediscutée pendant la réunion suivante, celle de Vienne au mois d’août 2015 et sera approfondie pendant la troisième réunion cet été à Paris. Souvenons-nous aujourd’hui du discours historique qu’a prononcé le Président De Gaulle en s’adressant à la jeunesse allemande à Ludwigsburg l’été en 1962, représentant un moment important de la réconciliation franco-allemande et de l’amitié.
  • En dépit des conflits et les rivalités passées, la France et l’Allemagne sont parvenues à dépasser leurs affrontements séculaires en établissant des relations privilégiées. La réconciliation civique et politique, sans cesse pensée et renouvelée dans les actes, a mis fin à toute idée de conflit armée au sein de la construction européenne. Ce précédent nous enseigne qu’une volonté politique forte de dépasser les clivages entre les pays et entre les peuples, par-delà l’histoire et le ressentiment national. Un dialogue continuel demeure être le meilleur moyen de régler les querelles persistantes et les obstructions dans l’espace des relations internationales.
  • Le couple franco-allemand est aujourd’hui plus que jamais nécessaire pour répondre aux défis majeurs auxquelles l’Union européenne est confrontée. L’Allemagne et la France doivent agir de concert pour faire converger les économies des Etats membres, pour améliorer la gouvernance économique et pour favoriser l’innovation dans le but de s’insérer au mieux dans la mondialisation. Néanmoins, les enjeux ne sont pas seulement économiques ; ils concernent de surcroît la politique et la sécurité.
  • La France et l’Allemagne et l’ensemble des Etats membres sont soumis à l’impérieuse nécessité, de répondre collectivement à la crise migratoire, pour accueillir ces réfugiés politiques dans le respect des conventions internationales. Le couple-franco-allemand est aussi soumis à la nécessité de renforcer sa coopération pour répondre au risque réticulaire de la menace terroriste. Notre sécurité collective est un enjeu central pour assurer l’ordre public à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’Union européenne, dans le respect des libertés fondamentales des citoyens

Nous tous, les 28 pays-membres de l’UE et tous ceux qui souhaitent y pendre part un jour, devons œuvrer beaucoup plus fermement pour ce projet européen. La France et l’Allemagne, qui sont les vecteurs de cette unification européenne, ont une responsabilité particulière. Le projet européen, à travers les décennies, est devenu pour nous une nécessité politique habituelle, comme si l’intégration se développait toute seule. Cette nécessité habituelle n’existe plus. Les défis liés à la crise des migrants, la crise financière et de l’euro qui ont précédées, font apparaitre des multiples différences qui existent entre des intérêts des états-membres. Une chose doit être claire : l’Europe est forte lorsqu’elle agit de concert.

La force de la dynamique entre la France et l’Allemagne réside dans sa capacité face aux défis nouveaux, à imaginer des solutions et des politiques justes, capable de mettre en forme notre avenir commun.

Dernière modification : 25/01/2016

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