Une construction européenne renouvelée pour accueillir les pays des Balkans occidentaux [mk] [sq]

Interrogé sur la portée de cette recommandation, il a précisé qu’il s’agissait d’un « excellent encouragement ». Toutefois, pour confirmer les progrès réalisés, les réformes entreprises doivent être poursuivies dans certains domaines cruciaux pour l’adhésion tels que la dépolitisation de l’administration et la lutte contre la corruption. Concernant les propos tenus par le Président de la République devant le Parlement européen le 17 avril au sujet de l’intégration européenne des Balkans Occidentaux, l’ambassadeur a rappelé la cohérence de la vision française exprimée depuis septembre 2017 lors du discours de la Sorbonne et selon laquelle l’UE doit se doter préalablement à tout nouvel élargissement d’un cadre réformé et approfondi permettant d’accueillir de nouveaux Etats-membres de façon pérenne.

M. Thimonier, votre commentaire concernant la recommandation sans condition qu’a reçu la Macédoine de la part de la Commission Européenne ? Quels sont les domaines prioritaires sur lesquels la Macédoine doit travailler à l’avenir ?

Il s’agit d’un excellent encouragement à tous ceux qui ont œuvré dans la continuité depuis 2005, depuis la première recommandation, à conduire ce pays sur le chemin de l’UE. C’est aussi la reconnaissance de l’engagement impressionnant de ce gouvernement et de ses équipes pour reprendre ce chemin, après une période de stagnation. Nous n’avons jamais douté et nous ne doutons pas du résultat final. Mais ne perdons plus de temps. La jeunesse macédonienne attend. Un nouvel espoir existe ici et il rejoint celui de notre pays pour une Europe renouvelée, efficace et capable de répondre aux défis d’un monde en pleine redéfinition.
La mise en place d’un véritable Etat de droit, d’une justice digne de ce nom, d’un Parlement fonctionnel et surtout la constatation de l’application des lois réformatrices votées. La dépolitisation de l’administration et la lutte contre la corruption sont des critères cruciaux pour juger de ces premiers pas et aller ensemble plus loin.

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Souhaiteriez-vous expliquer la déclaration du Président Macron selon laquelle l’UE ne doit pas accepter des nouveaux membres tant que son intégration n’est pas approfondie et tant que l’UE n’aura pas mis en place des réformes internes ?

Le Président Macron a affirmé nettement lors de son discours sur l’Europe prononcé à la Sorbonne en septembre 2017, la vocation des pays des Balkans Occidentaux à rejoindre une construction européenne renouvelée. Il a rappelé solennellement cet engagement à Strasbourg devant les députés européens. Toutefois, cette intégration ne prendra son sens réel et effectif que dans le cadre d’une Union dont le fonctionnement aura trouvé une efficacité à la mesure des nouveaux défis de la mondialisation. Il convient en effet que les grands efforts demandés aux Etats et aux peuples des Balkans Occidentaux leur permettent d’adhérer à une organisation fonctionnelle et non pas à un conglomérat décevant. Nous sommes pour l’élargissement et non pour le gonflement.

Après ce rapport, y-a-t-il de l’optimisme pour que la Macédoine obtienne au mois de juin une date pour l’ouverture des négociations ; ceci est-il étroitement lié à la résolution du différend sur le nom ?

Nous soutenons pleinement les efforts des deux pays pour trouver une solution acceptable. Nous apprécions les efforts accomplis par les deux Premiers Ministres et nous espérons que leur vision d’Hommes d’Etat viendra à bout des dernières difficultés.
C’est le message donné par notre Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Monsieur Jean-Yves Le Drian à son homologue macédonien, Monsieur Nikola Dimitrov, lors de leur rencontre qui a eu lieu le 4 avril dernier.

Dernière modification : 19/04/2018

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